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( 5 novembre, 2009 )

 Rassemblement-Actions-Jeunesse

    RAJ Comité de Bejaia Ville :                                                         Invitation  

Cliquez sur l’image, pour afficher la maquette de l’invitation et du programme détaillé de l’activitée.

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( 9 octobre, 2009 )

Un certain « Bloody Monday » à Bab El Oued : Azwaw, le bras désarmé d’Octobre

Par : Mustapha Benfodil

Quotidien El Watan, Vendredi  09 Octobre 2009.

Azwaw Hamou L’hadj. Voilà un nom qui fait carrément corps avec Octobre. A tel point qu’il lui a donné un bras. Avec son moignon rageur, lui qui est amputé du bras gauche depuis 21 ans en « accidenté du travail » des chars d’Octobre 88, ce grand gaillard au cœur vaillant arpente les couloirs des rédactions en familier des arcanes de la presse indépendante, « sa » presse, sa seconde famille.
Elle qui doit tant à son « bras d’honneur » laissé sur les pavés démocratiques un certain lundi 10 octobre 1988. Un « bloody monday »… « Ce jour-là, je traînais du côté de Bab El Oued vers 14h. Dans la matinée, Ali Benhadj et ses troupes avaient organisé un rassemblement à Belcourt avant de se disperser dans le calme. A Bab El Oued, l’ambiance était donc relativement détendue. Moi, je passais près de la DGSN quand soudain, j’ai entendu des coups de feux. Sans doute des provocateurs qui voulaient semer le trouble dans la capitale et provoquer un bain de sang. Et leur coup n’a pas raté : les militaires postés autour du bâtiment de la DGSN, pris de panique, ont commencé à riposter d’une façon nerveuse et anarchique. Ils ont même utilisé des armes lourdes.

En quelques minutes, la fusillade fait 39 morts et des dizaines de blessés. Dans le lot, il y avait une femme enceinte qui a été touchée. A un moment donné, une jeune fille est fauchée de plein fouet sous mes yeux. Elle a eu carrément la tête arrachée, et des fragments de sa cervelle m’ont éclaboussé. J’allais me porter à son secours quand j’ai été criblé de balles à mon tour. J’ai été mitraillé de neuf balles qui m’ont troué le corps de la tête aux orteils. Mon bras gauche était totalement pulvérisé. J’ai été évacué à l’hôpital Mustapha où j’ai passé quatre mois entiers à me faire recoudre de part en part. Hélas, mon bras gauche était jugé irrécupérable. » Azwaw nous fait ce récit avec un détachement inouï, son moignon témoignant avec fracas de chaque mot éructé par sa mémoire en lambeaux. « Curieusement, je ressens encore mon bras bouger, et je sens même fourmiller mes doigts », poursuit-il avec ce courage des humbles qui ont la délicatesse de transformer leurs drames les plus dévastateurs en anecdotes doucereuses, par pudeur ou par orgueil. Car Azwaw n’est pas de ceux qui viennent se plaindre en monnayant le moindre bobo pour cueillir une réparation sonnante et trébuchante.

Réparation politique

Réparation. Quel mot vain et pompeux ricane Azwaw vingt et un ans après ! Il avait d’ailleurs ce même chiffre au compteur du temps : 21 ans. Azwaw était alors artisan bijoutier. Un orfèvre des métaux précieux donc transformé par l’horreur des métaux perforateurs et des balles explosives taillées dans la tyrannie en manchot à vie. Pourtant, le rêve le taraude toujours de reprendre du service un jour et réapprendre à transformer en or sa jeunesse sacrifiée et son algérianité bafouée. Réparation. Réparer quoi, est-il en droit de s’insurger ? Son bras broyé par les snipers affolés de Nezzar ? Ses rêves juvéniles pilés par les chars ? Ses doigts délicats écorchés à « l’arrache-chair » ? Ou bien ses espoirs citoyens sabordés sur l’autel de la brutalité martiale ? « Moi, je tiens Chadli pour premier responsable de ce carnage qui a suivi les événements d’Octobre ! Et je regrette d’ailleurs qu’il ne se soit pas expliqué là-dessus dans l’excellent livre de SAS (Octobre, ils parlent, ed. Le Matin, 1998) ni dans les colonnes de la presse », s’indigne Azwaw qui accable en passant les officiers opérationnels de l’ANP et du renseignement qui eurent à gérer « l’opération de rétablissement de l’ordre », un doux euphémisme pour évoquer la répression qui s’est abattue sur les insurgés dans la foulée (et la folie) de cet automne incandescent.

Alors, pour ne pas oublier, pour rappeler à notre mémoire ces 39 morts, nous dit Azwaw, parmi lesquels notre défunt confrère de l’APS Sid-Ali Benmechiche, Azwaw a pris sur lui d’organiser une cérémonie de recueillement à la mémoire des victimes d’Octobre 1988 et de son bras écrabouillé par la machine de la répression. Pour lui, c’est surtout une manière de convoquer l’un des épisodes les plus marquants de notre « affect démocratique » qui a permis tout de même quelques acquis, si ténus et si controversés puissent-ils être. Azwaw ne peut s’empêcher de songer en l’occurrence aux reniements massifs de ceux qui sont liés organiquement, insiste-t-il, à Octobre 88, et qui tournent le dos à ce moment fondateur. « Aujourd’hui, les victimes d’Octobre sont seules face à leur destin », soupire-t-il avec une amertume mâtinée de colère. Devant le « lycée Redouane Osman » Ce qui le peine par-dessus tout, c’est le « négationnisme » de la nation vis-à-vis des victimes d’Octobre. « Les réprimés d’Octobre 88 ont été répertoriés comme victimes d’un accident de travail ! En vertu de quoi, je touche une pension ridicule de 6000 DA ! » fulmine Azwaw. N’était un poste arraché en 2000 comme employé des chemins de fer, ce père de trois enfants aurait bien du mal à faire vivre sa petite famille.

Aujourd’hui, confie-t-il, il caresse le rêve de reprendre ses outils et retrouver les gestes créateurs du joaillier qu’il fut. « Certains m’ont proposé de leur vendre mon matériel d’orfèvre et j’ai crânement refusé. Je l’ai jalousement gardé dans un fût rempli de mazout dans mon village, en Kabylie, pour le jour où le métier me démangerait. » Et de plaider pour une réparation morale et politique, étant entendu que de toute façon, il ne retrouvera pas son bras. Azwaw est habité par la solitude d’un Ras El Kabous, emporté par les humiliations tatouées sur son corps. Il est déterminé en tout cas à écrire l’histoire avec son moignon car il sait que tout manchot qu’il est, il ne trébuchera pas sur les mots pour crier justice et dire l’infamie. D’où la cérémonie de demain (samedi). Celle-ci aura lieu à partir de 11h, en face de la DGSN, devant le lycée l’Emir, ou le lycée « Redouane Osman » (dixit Hakim Addad). Pourvu que la police de Zerhouni ne s’en mêle pas. Pour rappel, lundi 5 octobre, une cérémonie commémorative organisée par RAJ a tourné au vinaigre avant de se transformer en marche populaire qui a enflammé Alger de sahat Echouhada à la Grande-Poste.

 

Par Mustapha Benfodil

( 7 octobre, 2009 )

Commémoration du 21ème anniversaire du 5 Octobre 1988 à Alger

Le RAJ a marché

La Tribune 

Par Samir Azzoug

L’association nationale «Rassemblement, action, jeunesse», fidèle à ses habitudes, a, encore une fois, célébré à sa manière l’anniversaire des événements du 5 octobre 1988. Depuis sa création en 1993, RAJ s’efforce de rappeler l’importance de cette date historique : lorsqu’un «peuple s’est soulevé contre la misère sociale» et pour la liberté. Un idéal porté haut et fort par les participants à la manifestation qui s’est déroulée hier à la place des Martyrs. «Libérons la liberté, la liberté fera le reste», conclut la déclaration de l’association lue par une jeune fille.
Après l’organisation d’un séminaire de deux jours, le mot d’ordre est donné par RAJ pour tenir un rassemblement sur le site «historique». 12h30, plusieurs dizaines de personnes se rassemblent au centre de la place. Les services de sécurité tentent de se faire discrets. Vont-ils intervenir pour les disperser ? Le suspense se lit dans les regards. Les jeunes font bloc sur la petite scène érigée à la mémoire des martyrs. Dépôt d’une gerbe de fleurs… recueillement à la mémoire des martyrs de tous les combats pour l’Algérie… minute de silence. Tout se passe dans le calme. Une jeune fille, membre de l’association, lit la déclaration de RAJ. «21 ans après le soulèvement populaire de 88, l’injustice et la misère sociale sont encore plus d’actualité ; les atteintes aux libertés individuelles et collectives ainsi que l’absence de respect des droits humains sont devenues quotidiennes ; la situation s’aggrave de plus en plus. Il y a danger en la demeure», crie-t-elle. Les agents de police commencent à investir la scène. Les banderoles restent levées. «Le but [n’est] pas de pleurer sur son sort ni de prévoir le pire […] Nous devons faire de la réappropriation de nos libertés, de notre dignité le point essentiel de nos mobilisations car, sans liberté, il ne peut y avoir d’espoir de soigner le reste de nos douleurs et maux», poursuit-elle. Mustapha Benfodil, journaliste et écrivain, tente de prendre le relais. Les forces de l’ordre interviennent pour disperser la foule. «C’est bon, vous avez eu ce que vous vouliez», lance un agent de police. Les jeunes résistent, marchent en groupe et se rassemblent un peu plus loin. Les slogans qui rappellent les marches populaires «d’antan» fusent. Sans violence, mais avec fermeté, les forces de l’ordre ordonnent aux manifestants de se disperser. Le mouvement de foule s’engage dans la rue Bab Azzoun. «Algérie libre et démocratique», «vive la liberté» et d’autres slogans anti-pouvoir résonnent sous les arcades. Les klaxons accompagnent les cris. Commerçants et citoyens regardent avec curiosité le passage de cette foule d’«enragés», poursuivie par les policiers. Place Abdelkader Alloula, devant le TNA, nouvelle tentative de rassemblement. Elle connaîtra le même sort que les précédentes.
La foule avance. Vers la Grande Poste d’Alger. Applaudissements rythmés, slogans et klaxons résonnent sur les murs de la rue Asselah Hocine. Les jeunes se sentent euphoriques. Ils ont réussi leur «challenge» : marcher dans les rues algéroises malgré l’état d’urgence. Pour la mémoire et la conscientisation d’un peuple. «Dispersez-vous. Ça y est.
Vous avez marqué non pas un mais plusieurs points. C’est fini, maintenant», décrète un agent de l’ordre en civil.
Le pas franchi par RAJ est grand. La commémoration du même anniversaire l’année dernière était déjà un succès.
En investissant la place des Martyrs, il avait déjà opéré un coup de force. Cette fois, il a réussi à faire plus : marcher pour crier son malaise et rafraîchir la mémoire de ceux qui ont oublié. Le chemin n’est pas couvert de roses ni tapissé de rouge, c’est pour cela qu’il faut marcher… pas après pas. «RAJ continuera de faire ce qui lui est possible […] pour faire en sorte que les martyrs des enfants d’Octobre 88 et des autres mouvements sociaux ne soient pas vains et que demain peut-être, après demain sûrement, nous puissions occuper, librement, toutes les rues et toutes les places d’Algérie», promet dans sa déclaration l’association. 

( 6 octobre, 2009 )

Commémoration du 5 octobre 1988

Quotidien El Watan, Mardi 06 Octobre 2009

Par : Ghania Lassal. 

Regroupement et marche à Alger

5 octobre 2009, 12h25. Place des Martyrs. Lieu de rendez-vous des partisans du Rassemblement actions jeunesse (RAJ) pour la commémoration annuelle des événements du 5 octobre 1988.

Mis à part quelques policiers en uniforme et en civil postés çà et là, la placette était calme. Etrangement calme même. Et pour cause, le mot d’ordre des manifestants : « Discrétion ». Des groupes épars de personnes attendent « le signal »… Certaines d’entre elles se perdent en conjectures des événements susceptibles de survenir. Montant mille et un scénarii, certains s’imaginant même menottes aux poings, embarqués par les forces de sécurité. Un « fauteur de troubles » de renommée s’est invité à la cérémonie, et qui n’est autre que Mustapha Benfodil, écrivain et journaliste. Depuis le 15 juillet, il invite les citoyens à se réapproprier la rue, à réinvestir les espaces publics, dont ils sont privés depuis un certain 14 juin 2004. Il est l’instigateur d’une série de « lectures sauvages », des pièces de théâtre jouées dans les endroits les plus improbables, et dont l’apogée promet d’être ce jour du 5 octobre, à sahat Echouhada, en plein cœur d’Alger. A quelques minutes du « coup d’envoi », Benfodil, qui s’improvise comédien clandestin pour ses lectures publiques, sait à quoi s’en tenir. Hakim Addad, secrétaire général du RAJ, annonce que les policiers autorisent la cérémonie de commémoration, mais lui interdisent formellement de prendre la parole. 12h40. Un étrange mouvement se forme sur la place et des dizaines d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, convergent, en quelques secondes, vers le kiosque situé au centre de la placette. Membres du RAJ, amateurs des lectures de l’écrivain, journalistes ou curieux, tous, pour un jour, agitateurs de l’ordre établi. Des banderoles sont accrochées de part et d’autre du kiosque, des pancartes sur lesquelles l’on peut lire « Algérie démocratique » sont agitées, comme pour narguer les quelques policiers qui surveillent de loin, pour l’instant du moins, le déroulement de cette manifestation. Le secrétaire général du RAJ, après avoir lu une déclaration dans laquelle il prédit, et invite, un « tsunami de rage », observe une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes d’octobre 1988 et « de toutes celles de la répression depuis cette date et jusqu’à aujourd’hui ». C’est alors que la parole est donnée à Mustapha Benfodil et à ses compagnons de lecture.

Les « indus occupants » priés de quitter les lieux

A peine le temps d’entamer les premières phrases de leurs textes que les orateurs sont interrompus par des agents de l’ordre, qui s’étaient faufilés dans la foule agglutinée autour du kiosque. Violemment empoignés, ils sont chassés par les policiers qui intiment l’ordre aux spectateurs de se disperser. Les « agitateurs », escortés par une dizaine d’agents, ne comptent toutefois pas en rester là. Ils se réunissent encore une fois, un peu plus loin cette fois-ci, à l’ombre d’un arbre. Nouvelle tentative de lecture. Nouvelle intervention des autorités qui, à coup de menaces, somment les « occupants indus » de la rue de quitter les lieux. Devant le refus catégorique d’obtempérer des manifestants, pacifistes pourtant, les policiers réagissent de l’unique façon dont ils savent faire montre : ils malmènent, bousculent, agrippent, poussent, menacent et insultent les « frondeurs » qui, ne se laissant pas démonter, scandent des slogans, ces mêmes slogans qui avaient fait trembler la capitale il y a de cela 21 ans. Franchement hostiles au pouvoir, « Toufik assassin, Zerhouni démission », ou patriotiques « El Djazaïr houra démoucratya », repris d’une même voix par ces dizaines de personnes, qui ne demandaient pas grand-chose : juste pouvoir jouir de cette liberté confisquée. « Ils voulaient que l’on circule, on va circuler ! » Spontanément, une marche est formée, sous les klaxons des voitures, les encouragements des passants et les regards amusés ou réprobateurs des badauds. Elle part de la place des Martyrs vers le TNA. Là-bas, un troisième rassemblement est tenté, en vain évidemment, les forces de l’ordre veillant toujours violemment au respect des consignes données. Qu’à cela ne tienne. Les manifestants reprennent la marche, avant d’être stoppés net par un attroupement de policiers, en face du commissariat de Cavaignac, en contrebas de la Grande-Poste. Sachant la course finie, ils observent un sit-in de quelques minutes, applaudissant à tout rompre cette manifestation spontanée de révolte. « Tous les jours sont un 5 Octobre », hurlait Mustapha Benfodil, avant de voir se disperser, pour de vrai cette fois-ci, la foule, « heureuse d’avoir été là ». Aurait-on peur d’un groupe de citoyens qui se rassemblent dans un lieu public afin de partager un moment de littérature ? Une chose est toutefois sûre : « Ils ont peut-être interdit une lecture, mais ils ont encaissé une manif entière. Une marche comme Alger n’en a pas vu depuis des plombes… », dixit le fauteur de troubles Mustapha Benfodil.

( 5 octobre, 2009 )

21e anniversaire de l’automne démocratique : Quand le RAJ rallume la flamme d’Octobre

Quotidien El Watan : Dimanche 04 Octobre 2009 .

Par : Mustapha Benfodil

Comme chaque année, l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) tient à célébrer comme il se doit « l’intifada » fondatrice du 5 octobre 1988. Et pour ce 21e anniversaire des événements d’octobre, le RAJ ne déroge pas à la règle. Au menu : un séminaire de deux jours suivi d’un rassemblement, le jour J, à sahat Echouhada. Le séminaire en question, placé sous le thème « L’Octobre des libertés », a été étrenné hier par une conférence intitulée « Algérie : des disparitions forcées aux harraga ».
 

 
 

Le séminaire a été abrité par la Maison des syndicats, incrustée dans le quartier de La Glacière, près d’El Harrach, mis généreusement à la disposition de RAJ par la Coordination des syndicats libres, ceci dans un contexte de verrouillage systématique où, comme le souligne le leader de RAJ, Hakim Addad : « Il est de plus en plus difficile de trouver des espaces à Alger pour organiser ce type de rencontres. » Aux côtés de RAJ, des associations ont fait le déplacement pour marquer l’événement, notamment SOS Disparus et ses figures de proue dont Mme Fatiha Yous et Hassan Ferhati. On notera également la présence de représentants du mouvement associatif marocain, particulièrement l’association Action Jeunesse, la « jumelle » marocaine de RAJ, comme dira Hakim Addad. A souligner aussi la participation de la syndicaliste marocaine Fatna Afid de l’Organisation démocratique du travail (ODT). Cette première conférence donc a été donnée par le professeur Arezki Derguini, enseignant et chercheur à l’université de Sétif. Rectifiant quelque peu les termes de la problématique, son intervention se placera essentiellement sous le thème « Mouvements sociaux et action politique ».

Pour lui, les disparitions forcées « de la guerre civile ou de la lutte antiterroriste » et les « disparus de l’émigration illégale », autrement dit, les harraga, sont deux drames humains qui participent à la même tragédie, à savoir l’échec cuisant du pouvoir à dialoguer avec la société et, surtout, l’obstination du régime à configurer la société par le haut en vertu d’une vision profondément régalienne, autoritaire du pouvoir, au lieu que ce soit l’Etat qui soit l’émanation naturelle de la société suivant une mécanique démocratique. « Nous assistons à un conflit entre deux visions et deux projets : un projet qui considère que l’Etat doit être érigé par le haut et un autre qui estime que c’est à la société qu’il revient de construire l’Etat », souligne l’universitaire. Pour lui, il convient de distinguer entre la génération de la Révolution et la génération post-indépendance. « Le pouvoir est en train de passer progressivement des mains de la génération de la Révolution à la génération de l’indépendance », ajoute-t-il. A. Derguini diagnostique ainsi un conflit générationnel entre les deux conceptions suscitées. Et de préciser : « L’élite au pouvoir, particulièrement la hiérarchie militaire, s’accroche encore à cette idée que c’est l’Etat qui doit instruire et construire la société. » Sur la question des harraga, le conférencier avertit que « c’est l’une des prémices de la prochaine explosion sociale ». Et d’insister sur une thèse selon laquelle les mouvements sociaux ne sauraient triompher s’ils n’accordent une plus grande place au savoir qui, selon lui, doit vite prendre le relais de la rébellion spontanée. « Le savoir est la clé du changement. Il permet de concevoir un projet lucide et viable au lieu de se confiner dans des mouvements sans perspective », conclut-il.

« L’amnistie générale va consacrer l’impunité »

Hassan Ferhati de SOS Disparus emboîtera le pas au professeur Derguini pour brosser un tableau pour le moins poignant du drame des disparitions forcées en Algérie. D’abord, une question de sémantique. « Nous, on ne dit pas ‘mafqoudine’, ‘disparus’, on dit ‘makhtofine’, ‘kidnappés’, parce que nous, on sait qui a enlevé nos enfants. Ce sont les services de sécurité ! », assène-t-il d’emblée, avant de marteler : « Maranache habssine, on ne s’arrêtera pas ! Chaque mercredi, on tient nos rassemblements. Et ça, ça les fait fliper ! » Poursuivant son plaidoyer pour une reconnaissance sans ambages de la tragédie des disparitions forcées, Hassan Ferhati développera : « Ils nous disent qu’il faut tourner la page. Nous, on dit, non. Comment une mère peut-elle tirer un trait sur son fils ? On leur dit basta. La page de l’histoire de Algérie de 1988 à nos jours, le peuple doit la lire ». « Moi je veux comprendre : pourquoi ils ont pris mon frère ? Si c’est un terroriste, que la justice fasse son travail. J’irai moi-même en prison lui cracher sur la figure. On nous dit : prenez des indemnisations et qu’on n’en parle plus. Nous on dit ‘el moussaraha qabla el moussalaha’, la vérité avant la réconciliation. Nous, on a donné les noms, mais la justice n’a pas fait son travail. »

Le représentant de SOS Disparus déplore le fait que « le pouvoir joue sur les chiffres ». « Ils parlent de 6000 dossiers de disparus. Maître Ksentini parle de 7200 dossiers alors que dans son rapport de 2007, il avait recensé 14 400 cas. Nous, on dit qu’il y a 18 000 cas de disparition forcée en Algérie. » Et de prévenir que les familles de disparus ne vont pas se taire. « Cela nous vaut d’être persécutés aujourd’hui encore. Des mères de famille ont été tabassées dans la rue. Voilà la vérité : on n’a pas le droit de parler des disparitions forcées dans notre pays. » Dans la foulée, Hassan Ferhati dénonce par anticipation le projet d’amnistie générale dont maître Farouk Ksentini se fait le promoteur auprès de l’opinion. « La réconciliation nationale n’a rien apporté de bon. Maintenant, ils nous parlent d’amnistie générale pour consacrer l’impunité. Mais on n’a pas peur, on continuera à parler et à crier chaque mercredi : ‘atalgouna ouladna nadakhlou lediarna (relâchez nos enfants et nous rentrerons chez nous) ! », défie Hassan Ferhati. Le séminaire de RAJ se poursuivra aujourd’hui avec deux conférences : la première a pour thème « Le rôle de la culture dans l’éveil citoyen » qui sera animée par la cinéaste Habiba Djahnine et des activistes marocains. Quant à la seconde, elle sera consacrée à l’examen de la situation des mouvements sociaux au Maghreb. Et pour clore le tout en beauté, le lundi 5 octobre, un rassemblement aura lieu donc à la place des Martyrs. A la clé, un « happening » aux allures de « chahutage » citoyen. Un beau moment libertaire en perspective.

 

Mustapha Benfodil. 

( 1 octobre, 2009 )

Programme Préliminaire du séminaire du RAJ;

“L’Octobre des Libertés”

Commémoration du 21 ème anniversaire

                         1988-2009

Lieu ; Maison des Syndicats , Cité El-Oued Numero 2 – La Glacière .

( A coté de l’usine de gateaux REGAL ) ;

Samedi 03 Octobre 2009 :

13h00 : accueil des participants et invités

14h00 : Intervention d’Ouverture.

14h30 : conférence débat

 ”Algérie ; des disparitions forcés aux Harragas ”

Animée par :

·        Mr Derguini Militant , enseignant , chercheur

Dimanche 04 Octobre 2009 :

·        10h00 : Conférence débat 

            « Le rôle de la culture dans l’éveil citoyen ».

Animée par :

·                         Mr Mustapha Benfodil ; Journaliste, Auteur .

·                         Mme Habiba Djahnine;  Réalisatrice ,Ecrivaine.

.             Intervention d’un militant Marocain. 

12h30 : Déjeuner. 

14h30. conférence débat

«Les  mouvements sociaux au Maghreb ; état des lieux et perspectives ». 

Animée par :

·         Mme FATNA AFID syndicalistereprésentante de l’Organisation Démocratique du Travail (ODT) Syndicat Marocain .

·        Mme Maghraoui Amina ; présidente du comité femme du SNAPAP

·        Mr  Chahid Khalid représentant de l’Action Jeunesse du Maroc . Association de jeunes au Maroc.

18h00, clôture du séminaire.

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               Dimanche 05 2009 Octobre à la place des Martyrs –Sahat a Chouhada- à Alger

12h30 : Dans le cadre de la réapropriation de l’éspace public ;Rassemblement Pacifique du RAJ et ses Amis (es) .

             Interventions d’enRAJés (ées) , recueillement , dépot de gerbe de fleurs .

            ” Lectures sauvages” de Mr Benfodil et sa troupe .  

            Soyons nombreux (ses) , il y va de nos Libértés , de notre Devenir .

( 23 septembre, 2009 )

Association Nationale de Jeunes

Rassemblement Actions Jeunesse

RAJ

Comité Aït Smaïl

 L’association nationale de jeunes Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) comité d’Aït Smaïl a organisé le vendredi soir 18/09/2009 au niveau de la maison de jeunes sa quatrième édition du café des libertés pour thématique «  l’éducation ; état des lieu et perspectives dans la commune ». « Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions du RAJ, qui a comme principal objectif, la sensibilisation et la mobilisation des jeunes aux problèmes sociaux, ainsi que la promotion de toute activités culturelles, des droits de l’homme et citoyennes, aussi dans le souci de donner à la société, particulièrement les jeunes un espace public et de rencontres démocratiques pour débattre librement de questions d’actualité ».

Dans l’objectif de mieux orienter le débat, et d’enrichir la réflexion, l’association a invité les citoyens, les directeurs des écoles de la commune, les enseignants, les associations des parents d’élèves, deux inspecteurs de l’éducation, et tous le mouvement associatif ainsi que la maire.

La majorité des intervenants, ont rappelé qu’il est impossible de dissocier l’éducation au niveau de la commune avec la politique nationale de l’éducation jugée insuffisante et qui ne répond pas au normes et aux exigences de la société. Certains enseignants ont soulevé l’absences des conditions adéquates, qui permettent à l’enseignant de faire sans travail, tel que le manque des infrastructures de base, et les problèmes socioprofessionnels, sans oublier le marasme sociale, et la cherté de la vie qui empêche à la foi, les enseignants de faire leur devoir autan que éducateurs, les parents d’élèves de faire un suivi rigoureux à leurs enfants.

D’autres intervenants ont dénoncé la passivité de la société civile qualifiée démissionnaire, et individualiste dans la majorité des cas, en insistant sur le rôle cruciale et double tranchant de l’école de la rue et de l’environnement dans l’éducation.

A la fin, la majorité des interventions sont penchées que l’éducation est fondée sur un triple besoin à savoir ; la famille qui est la première cellule de l’enfant, l’école et la société (environnement). Dont il est indispensable de créer, renforcer et solidifier la relation entres ces trois composantes que chacune complète l’autre.

Sans oublier de signaler que la société ne peut pas s’échapper du phénomène de la mondialisation que il faut en profiter de ces avantages  et de se méfier de ses inconvénients.

Il est à rappeler que les thème à discuter dans ces rencontre sont arrêté à base des demandes des jeunes et les résultat des débats des rencontres précédentes, dont la première c’été un débat générale sur « être jeunes en Algérie ça veut dire quoi ? ». Convaincu que les jeunes sont des acteurs importants pour la construction démocratique et sociale et qu’ils constituent une force de proposition et de mobilisation, cette rencontre été une occasion à cette  population juvénile démographiquement majoritaire et minoritaire en matière prise de décision de s’exprimer en toute liberté sur leurs quotidien sans limiter le sujet de discussion.

 La deuxième a pour thématique « le rôle de l’action associatives dans le développement local », cette rencontre est pour objectif d’encourager et de redynamiser le mouvement associatif local qui représente un capital que nul qui peut contester ; il est un acteur incontournable dans tous le processus de développement local et régional, il peut jouer le rôle de médiation entre l’état et la population dans divers domaine, il est acteur important pour la construction démocratique et sociale dont il constitue une force de proposition et de mobilisation et il est souvent à l’origine d’un grand nombre d’initiatives où il participe à l’animation de la vie sociale et culturelle de la commune .

La mondialisation culturelle était le sujet de débat de la troisième édition. Partant du constat que notre société, particulièrement notre jeunesse est dominée par les moyens et les procédés les plus variés en visant à atteindre les couches sociales les plus diverses, pour jeter le trouble dans leur esprit, et les faire douter de leurs valeurs culturelles et civilisationnelles afin de mieux les contrôler et les assujettir, d’où elle est menacé par le formatage culturelle, cette jeunesse est souvent occidentalisée ou orientalisée  au détriment de notre culture, traditions, coutumes, valeurs et mode de vie ancestrales qui caractérisent notre société dont il faut préserver en faisant la différence entre la modernité et la tradition.

Durant toute les rencontres, la question de la passivité des cadre de la société (universitaires) qui ont un rôle important dans la société était souvent soulevée par les intervenants, a cet effet, le thème du prochain café des liberté sera sur le rôle des cadres dans la société.

Abdelouhab Fersaoui 

( 29 août, 2009 )

Troisième édition de « Café des Libertés »

Association Nationale de Jeunes

Rassemblement Actions Jeunesse

RAJ comité d’Aït Smaïl

                                                                       

           

 

           La mondialisation joue un rôle d’accélérateur. Elle est une révolution dans le transport des messages et des personnes qui encourage la domination politico- économique et culturelle en visant, par les moyens et les procédés les plus variés, à atteindre les couches sociales les plus diverses, pour jeter le trouble dans leur esprit, et les faire douter de leurs valeurs culturelles et civilisationnelles afin de mieux les contrôler et les assujettir.

Aujourd’hui, notre société, particulièrement notre jeunesse est menacée  par                          le formatage culturel  de l’occident et de l’orient dont l’urgence est de trouver comment faire face à cette invasion  qui étouffe nos valeurs culturelles sans antidotes.

Pour palier à ce vide, nous annonçons la troisième édition de « Café des Libertés » qui a  pour thématique : « la mondialisation culturelle »

A cet effet, nous appelons tous les citoyens, particulièrement les jeunes et les militants associatifs, à venir participer au DEBAT pour se connaître et de se faire connaître, et partager leurs expériences et leurs réflexions avec d’autres.

Cela le Mardi 01 septembre 2009 au niveau de la maison de jeune à  partir de 21h 30 mn.

« La culture doit être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et effectifs qui caractérisent une société ou un groupe social et qu’elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les système de valeurs, les traditions et les croyances. »

Extrait de la déclaration universelle de la diversité culturelle adoptée par l’UNESCO en 2001

Soyez nombreux

( 25 août, 2009 )

RAJ: célébration du 63 ème anniversaire du congrès de la Soummam :

 

Dans le cadre de la commémoration du 63 ème anniversaire du congrès de la Soummam, l’association nationale de jeunes Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), avec d’autres associations culturelles, sportives et écologiques (ACAF, karaté Do, Youseiycan Budo , Takoucht) et en collaboration avec l’APC d’Aït Smaïl ont célébré cette événement historique à travers un programme très riche (exposition, chorale, inauguration d’une stèle commémorative, projection vidéo, conférence …)°.

Aussi le RAJ a  organisé une sortie spéciale aux meilleurs élèves de tous les primaires de la commune au site historique d’Ifri, le lieu de la tenue du congrès de la Soummam, afin de les permettre d’avoir un aperçu, une connaissance de prés sur cet éventement historique.

Cette rencontre été une occasion pour rendre un grand hommage à l’innocente et brillante élève, feue  Sonia Idir poignardée sauvagement en sortant de l’école.

L’activité est clôturée par la distribution des cadeaux aux meilleurs élèves de chaque niveau de toutes les écoles primaires, ainsi q’aux lauréat du concours du meilleur dessin de chaque école primaires.

 

A.Fersaoui

( 12 août, 2009 )

ATH SMAÏL

  RAJ organise la 2e édition du café des libertés

Le RAJ est une association qui a comme principal objectif la sensibilisation et la mobilisation des jeunes aux divers problèmes sociaux, ainsi que la promotion de toutes les activités culturelles, des droits de l’Homme en général et du citoyen en particulier. Étant donné que les jeunes et le mouvement associatif sont des acteurs importants pour la construction démocratique et sociale, ils constituent une force de proposition et de mobilisation et qui furent à l’origine d’un grand nombre d’initiatives. Conscient que le tissu associatif dispose d’un capital que nul ne peut le contester, il est un acteur incontournable dans tous les processus de développement local et régional ; il peut aussi jouer le rôle de médiation entre l’État et la population dans divers domaine. Consciente du rôle des associations dans la vie sociale et culturelle de la commune, soucieue d’encourager et de redynamiser le mouvement associatif local. Vu le caractère démographiquement majoritaire de la population juvénile algérienne, elle a besoin d’espaces publics et de rencontres démocratiques pour débattre librement de questions d’actualité. Le rassemblement action jeunesse (RAJ), comité d’Aït Smail a organisé la deuxième édition du «Café des Libertés» le vendredi passé et qui a eu pour thématique : « Quel rôle de l’action associative dans le développement local ? » Fersaoui Abdelouahab, président du comité RAJ d’Aït Smaïl et membre du conseil national de cette association dira : « L’objectif de ces rencontres et de lancer des débats entre jeunes et acteurs sociaux et ça dans l’unique objectif de se connaître et de se faire connaître, et aussi de partager les expériences et réflexions avec d’autres », dit-il

 Hafit Zaouche 

le Courier d’Algérie le 12/08/2009

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