( 10 octobre, 2009 )

RASSEMBLEMENT A BAB-EL-OUED A LA MEMOIRE DES VICTIMES D’OCTOBRE 88 :

POUR AZOUAOU : DES FLEURS ET DES TALKIES-WALKIES :

lycée l’Emir, en face de la DGSN, en hommage aux victimes des événements d’Octobre 1988. C’est Azouaou Hamou L’Hadj, figure emblématique de l’association AVO 88 (association des victimes d’octobre 1988) qui est l’auteur de cette initiative. Azouaou était au nombre des innocents happés par une fusillade meurtrière un certain 10 octobre 1988 (lire notre article : « Azouaou, le bras désarmé d’Octobre », in El Watan du 9 octobre 2009). Cet ancien artisan bijoutier avait alors été criblé de neuf balles qui lui coûteront son bras gauche et des séquelles indélébiles sur le visage. Il avait à peine 21 ans. Vingt-et-un ans après ces péripéties sanglantes, Azouaou a tenu à revenir sur les lieux du drame et déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des chouhadas d’octobre 88, et tout particulièrement, les 39 victimes tombées ce jour-là. « Moi je revendique un statut particulier pour les victimes d’Octobre en tant que victimes d’une bavure d’Etat et non pas d’un « accident de travail » comme on nous désigne honteusement » nous explique-t-il. « C’est ici que je suis tombé » se remémore-t-il en montrant du chef un portail vert attenant au lycée Emir Abdelkader. « Voyez ce mur : il y a encore les impacts de balles qui témoignent de la boucherie. Ce mur-là par contre a été recouvert de ciment pour effacer les stigmates des automitrailleuses » poursuit notre ami avec émotion.
Le rassemblement auquel avait appelé Azouaou a commencé à se former à partir de 10h30 au sein de l’un des cafés adossés au boulevard du 1er novembre. Petit à petit, les gens ont commencé à s’agglutiner autour d’Azouaou. Parmi les présents, Yacine Teguia, membre du bureau national du MDS, Hakim Addad, secrétaire général de RAJ, l’opposant et journaliste Arezki Ait Larbi, le comédien Kader Farès Affak (personnage principal dans « Gabla », de Tarik Teguia). Il y avait également des écrivains et journalistes dont le chroniqueur Chawki Amari ainsi que notre collègue Adlène Meddi. Brandissant une gerbe de fleurs, le cortège s’est ébranlé du café « 1er novembre » en direction du lycée l’Emir. Azouaou a, alors, accroché avec son bras épargné par la machine de la répression, la couronne de fleurs sur la grille du lycée, juste en face du bâtiment de la DGSN. Comme il fallait s’y attendre, la police n’a pas tardé à se manifester. Un officier de police en civil et en lunettes, arborant un talkie-walkie, accourut pour s’enquérir de l’objet de ce rassemblement qu’il avait jugé d’emblée menaçant pour l’ordre public. « N’touma chkoun ? Andkoum autorisation ? » (Qui êtes-vous ? Avez-vous une autorisation ?) ». « Les forces de l’ordre avaient-elles une autorisation quand elles ont arraché le bras d’Azouaou et canardé 39 citoyens algériens ? » rétorque-t-on. Arezki Ait Larbi enchaîne : « Nous sommes venus déposer une gerbe de fleurs, pas poser une bombe. » Les éléments de la police continuent d’affluer et envahissent en force le périmètre. « Qu’est-ce que je vais dire maintenant à mes supérieurs ? » revient à la charge l’officier en lunettes. Un autre policier en civil muni d’un talkie-walkie tente de calmer les esprits. « On veut bien vous laisser, mais cela risque de causer des débordements et on ne veut pas de « machakel ». Vous êtes quand même en face de la DGSN » implore-t-il. La sérénité l’emporte assez vite sur la colère et la cérémonie finit par se tenir malgré tout. Au préalable, la police s’empare de la pièce d’identité d’Azouaou en guise de gage. Une minute de silence est observée suivie de quelques mots d’Azouaou au cours desquels il est revenu sur ce qui s’est passé ce funeste lundi 10 octobre 1988 en ayant une pensée émue pour celles et ceux qui étaient tombés ce jour-là. Le geste, plus symbolique que bruyant, avait le goût d’une victoire sur l’amnésie. « L’important est de marquer le coup » se dit-on. Il est vrai qu’une simple gerbe de fleurs peut avoir raison d’une forêt de talkies-walkies…


Mustapha Benfodil

Rassemblement autour d’Azouaou le 10 octobre 2009 à Bab El Oued. Photo: Malika Taghlit (El Watan)

( 9 octobre, 2009 )

Un certain « Bloody Monday » à Bab El Oued : Azwaw, le bras désarmé d’Octobre

Par : Mustapha Benfodil

Quotidien El Watan, Vendredi  09 Octobre 2009.

Azwaw Hamou L’hadj. Voilà un nom qui fait carrément corps avec Octobre. A tel point qu’il lui a donné un bras. Avec son moignon rageur, lui qui est amputé du bras gauche depuis 21 ans en « accidenté du travail » des chars d’Octobre 88, ce grand gaillard au cœur vaillant arpente les couloirs des rédactions en familier des arcanes de la presse indépendante, « sa » presse, sa seconde famille.
Elle qui doit tant à son « bras d’honneur » laissé sur les pavés démocratiques un certain lundi 10 octobre 1988. Un « bloody monday »… « Ce jour-là, je traînais du côté de Bab El Oued vers 14h. Dans la matinée, Ali Benhadj et ses troupes avaient organisé un rassemblement à Belcourt avant de se disperser dans le calme. A Bab El Oued, l’ambiance était donc relativement détendue. Moi, je passais près de la DGSN quand soudain, j’ai entendu des coups de feux. Sans doute des provocateurs qui voulaient semer le trouble dans la capitale et provoquer un bain de sang. Et leur coup n’a pas raté : les militaires postés autour du bâtiment de la DGSN, pris de panique, ont commencé à riposter d’une façon nerveuse et anarchique. Ils ont même utilisé des armes lourdes.

En quelques minutes, la fusillade fait 39 morts et des dizaines de blessés. Dans le lot, il y avait une femme enceinte qui a été touchée. A un moment donné, une jeune fille est fauchée de plein fouet sous mes yeux. Elle a eu carrément la tête arrachée, et des fragments de sa cervelle m’ont éclaboussé. J’allais me porter à son secours quand j’ai été criblé de balles à mon tour. J’ai été mitraillé de neuf balles qui m’ont troué le corps de la tête aux orteils. Mon bras gauche était totalement pulvérisé. J’ai été évacué à l’hôpital Mustapha où j’ai passé quatre mois entiers à me faire recoudre de part en part. Hélas, mon bras gauche était jugé irrécupérable. » Azwaw nous fait ce récit avec un détachement inouï, son moignon témoignant avec fracas de chaque mot éructé par sa mémoire en lambeaux. « Curieusement, je ressens encore mon bras bouger, et je sens même fourmiller mes doigts », poursuit-il avec ce courage des humbles qui ont la délicatesse de transformer leurs drames les plus dévastateurs en anecdotes doucereuses, par pudeur ou par orgueil. Car Azwaw n’est pas de ceux qui viennent se plaindre en monnayant le moindre bobo pour cueillir une réparation sonnante et trébuchante.

Réparation politique

Réparation. Quel mot vain et pompeux ricane Azwaw vingt et un ans après ! Il avait d’ailleurs ce même chiffre au compteur du temps : 21 ans. Azwaw était alors artisan bijoutier. Un orfèvre des métaux précieux donc transformé par l’horreur des métaux perforateurs et des balles explosives taillées dans la tyrannie en manchot à vie. Pourtant, le rêve le taraude toujours de reprendre du service un jour et réapprendre à transformer en or sa jeunesse sacrifiée et son algérianité bafouée. Réparation. Réparer quoi, est-il en droit de s’insurger ? Son bras broyé par les snipers affolés de Nezzar ? Ses rêves juvéniles pilés par les chars ? Ses doigts délicats écorchés à « l’arrache-chair » ? Ou bien ses espoirs citoyens sabordés sur l’autel de la brutalité martiale ? « Moi, je tiens Chadli pour premier responsable de ce carnage qui a suivi les événements d’Octobre ! Et je regrette d’ailleurs qu’il ne se soit pas expliqué là-dessus dans l’excellent livre de SAS (Octobre, ils parlent, ed. Le Matin, 1998) ni dans les colonnes de la presse », s’indigne Azwaw qui accable en passant les officiers opérationnels de l’ANP et du renseignement qui eurent à gérer « l’opération de rétablissement de l’ordre », un doux euphémisme pour évoquer la répression qui s’est abattue sur les insurgés dans la foulée (et la folie) de cet automne incandescent.

Alors, pour ne pas oublier, pour rappeler à notre mémoire ces 39 morts, nous dit Azwaw, parmi lesquels notre défunt confrère de l’APS Sid-Ali Benmechiche, Azwaw a pris sur lui d’organiser une cérémonie de recueillement à la mémoire des victimes d’Octobre 1988 et de son bras écrabouillé par la machine de la répression. Pour lui, c’est surtout une manière de convoquer l’un des épisodes les plus marquants de notre « affect démocratique » qui a permis tout de même quelques acquis, si ténus et si controversés puissent-ils être. Azwaw ne peut s’empêcher de songer en l’occurrence aux reniements massifs de ceux qui sont liés organiquement, insiste-t-il, à Octobre 88, et qui tournent le dos à ce moment fondateur. « Aujourd’hui, les victimes d’Octobre sont seules face à leur destin », soupire-t-il avec une amertume mâtinée de colère. Devant le « lycée Redouane Osman » Ce qui le peine par-dessus tout, c’est le « négationnisme » de la nation vis-à-vis des victimes d’Octobre. « Les réprimés d’Octobre 88 ont été répertoriés comme victimes d’un accident de travail ! En vertu de quoi, je touche une pension ridicule de 6000 DA ! » fulmine Azwaw. N’était un poste arraché en 2000 comme employé des chemins de fer, ce père de trois enfants aurait bien du mal à faire vivre sa petite famille.

Aujourd’hui, confie-t-il, il caresse le rêve de reprendre ses outils et retrouver les gestes créateurs du joaillier qu’il fut. « Certains m’ont proposé de leur vendre mon matériel d’orfèvre et j’ai crânement refusé. Je l’ai jalousement gardé dans un fût rempli de mazout dans mon village, en Kabylie, pour le jour où le métier me démangerait. » Et de plaider pour une réparation morale et politique, étant entendu que de toute façon, il ne retrouvera pas son bras. Azwaw est habité par la solitude d’un Ras El Kabous, emporté par les humiliations tatouées sur son corps. Il est déterminé en tout cas à écrire l’histoire avec son moignon car il sait que tout manchot qu’il est, il ne trébuchera pas sur les mots pour crier justice et dire l’infamie. D’où la cérémonie de demain (samedi). Celle-ci aura lieu à partir de 11h, en face de la DGSN, devant le lycée l’Emir, ou le lycée « Redouane Osman » (dixit Hakim Addad). Pourvu que la police de Zerhouni ne s’en mêle pas. Pour rappel, lundi 5 octobre, une cérémonie commémorative organisée par RAJ a tourné au vinaigre avant de se transformer en marche populaire qui a enflammé Alger de sahat Echouhada à la Grande-Poste.

 

Par Mustapha Benfodil

( 9 octobre, 2009 )

RAJ Communiqué

Alger le 09/10/2009
 
              Communiqué ,
 
     
 
             Une fois n’est pas cotume , « ILS » interdisent !. Cette fois ci , c’est pour la conférence organisée demain par la LADDH sur la peine de mort et qui devait avoir lieu dans un hotel de la capitale .
 
            Une fois n’est pas coutume aussi , l’initiative est comme même maintenue et aura lieu , au siège de la Ligue , 101 Didouche Mourad a partir de 9h30 . Soyons y nombreux (ses) . 
 
           Le RAJ condamne cette nouvelle interdiction et des enRAJés seront présents demain Samedi au siège de le Ligue .
 
           La Résistance est là et doit se montrer. 
 
           Hakim Addad
 
           S.G du RAJ  
 

( 6 octobre, 2009 )

Commémoration du 5 octobre 1988

Quotidien El Watan, Mardi 06 Octobre 2009

Par : Ghania Lassal. 

Regroupement et marche à Alger

5 octobre 2009, 12h25. Place des Martyrs. Lieu de rendez-vous des partisans du Rassemblement actions jeunesse (RAJ) pour la commémoration annuelle des événements du 5 octobre 1988.

Mis à part quelques policiers en uniforme et en civil postés çà et là, la placette était calme. Etrangement calme même. Et pour cause, le mot d’ordre des manifestants : « Discrétion ». Des groupes épars de personnes attendent « le signal »… Certaines d’entre elles se perdent en conjectures des événements susceptibles de survenir. Montant mille et un scénarii, certains s’imaginant même menottes aux poings, embarqués par les forces de sécurité. Un « fauteur de troubles » de renommée s’est invité à la cérémonie, et qui n’est autre que Mustapha Benfodil, écrivain et journaliste. Depuis le 15 juillet, il invite les citoyens à se réapproprier la rue, à réinvestir les espaces publics, dont ils sont privés depuis un certain 14 juin 2004. Il est l’instigateur d’une série de « lectures sauvages », des pièces de théâtre jouées dans les endroits les plus improbables, et dont l’apogée promet d’être ce jour du 5 octobre, à sahat Echouhada, en plein cœur d’Alger. A quelques minutes du « coup d’envoi », Benfodil, qui s’improvise comédien clandestin pour ses lectures publiques, sait à quoi s’en tenir. Hakim Addad, secrétaire général du RAJ, annonce que les policiers autorisent la cérémonie de commémoration, mais lui interdisent formellement de prendre la parole. 12h40. Un étrange mouvement se forme sur la place et des dizaines d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, convergent, en quelques secondes, vers le kiosque situé au centre de la placette. Membres du RAJ, amateurs des lectures de l’écrivain, journalistes ou curieux, tous, pour un jour, agitateurs de l’ordre établi. Des banderoles sont accrochées de part et d’autre du kiosque, des pancartes sur lesquelles l’on peut lire « Algérie démocratique » sont agitées, comme pour narguer les quelques policiers qui surveillent de loin, pour l’instant du moins, le déroulement de cette manifestation. Le secrétaire général du RAJ, après avoir lu une déclaration dans laquelle il prédit, et invite, un « tsunami de rage », observe une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes d’octobre 1988 et « de toutes celles de la répression depuis cette date et jusqu’à aujourd’hui ». C’est alors que la parole est donnée à Mustapha Benfodil et à ses compagnons de lecture.

Les « indus occupants » priés de quitter les lieux

A peine le temps d’entamer les premières phrases de leurs textes que les orateurs sont interrompus par des agents de l’ordre, qui s’étaient faufilés dans la foule agglutinée autour du kiosque. Violemment empoignés, ils sont chassés par les policiers qui intiment l’ordre aux spectateurs de se disperser. Les « agitateurs », escortés par une dizaine d’agents, ne comptent toutefois pas en rester là. Ils se réunissent encore une fois, un peu plus loin cette fois-ci, à l’ombre d’un arbre. Nouvelle tentative de lecture. Nouvelle intervention des autorités qui, à coup de menaces, somment les « occupants indus » de la rue de quitter les lieux. Devant le refus catégorique d’obtempérer des manifestants, pacifistes pourtant, les policiers réagissent de l’unique façon dont ils savent faire montre : ils malmènent, bousculent, agrippent, poussent, menacent et insultent les « frondeurs » qui, ne se laissant pas démonter, scandent des slogans, ces mêmes slogans qui avaient fait trembler la capitale il y a de cela 21 ans. Franchement hostiles au pouvoir, « Toufik assassin, Zerhouni démission », ou patriotiques « El Djazaïr houra démoucratya », repris d’une même voix par ces dizaines de personnes, qui ne demandaient pas grand-chose : juste pouvoir jouir de cette liberté confisquée. « Ils voulaient que l’on circule, on va circuler ! » Spontanément, une marche est formée, sous les klaxons des voitures, les encouragements des passants et les regards amusés ou réprobateurs des badauds. Elle part de la place des Martyrs vers le TNA. Là-bas, un troisième rassemblement est tenté, en vain évidemment, les forces de l’ordre veillant toujours violemment au respect des consignes données. Qu’à cela ne tienne. Les manifestants reprennent la marche, avant d’être stoppés net par un attroupement de policiers, en face du commissariat de Cavaignac, en contrebas de la Grande-Poste. Sachant la course finie, ils observent un sit-in de quelques minutes, applaudissant à tout rompre cette manifestation spontanée de révolte. « Tous les jours sont un 5 Octobre », hurlait Mustapha Benfodil, avant de voir se disperser, pour de vrai cette fois-ci, la foule, « heureuse d’avoir été là ». Aurait-on peur d’un groupe de citoyens qui se rassemblent dans un lieu public afin de partager un moment de littérature ? Une chose est toutefois sûre : « Ils ont peut-être interdit une lecture, mais ils ont encaissé une manif entière. Une marche comme Alger n’en a pas vu depuis des plombes… », dixit le fauteur de troubles Mustapha Benfodil.

( 5 octobre, 2009 )

21e anniversaire de l’automne démocratique : Quand le RAJ rallume la flamme d’Octobre

Quotidien El Watan : Dimanche 04 Octobre 2009 .

Par : Mustapha Benfodil

Comme chaque année, l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) tient à célébrer comme il se doit « l’intifada » fondatrice du 5 octobre 1988. Et pour ce 21e anniversaire des événements d’octobre, le RAJ ne déroge pas à la règle. Au menu : un séminaire de deux jours suivi d’un rassemblement, le jour J, à sahat Echouhada. Le séminaire en question, placé sous le thème « L’Octobre des libertés », a été étrenné hier par une conférence intitulée « Algérie : des disparitions forcées aux harraga ».
 

 
 

Le séminaire a été abrité par la Maison des syndicats, incrustée dans le quartier de La Glacière, près d’El Harrach, mis généreusement à la disposition de RAJ par la Coordination des syndicats libres, ceci dans un contexte de verrouillage systématique où, comme le souligne le leader de RAJ, Hakim Addad : « Il est de plus en plus difficile de trouver des espaces à Alger pour organiser ce type de rencontres. » Aux côtés de RAJ, des associations ont fait le déplacement pour marquer l’événement, notamment SOS Disparus et ses figures de proue dont Mme Fatiha Yous et Hassan Ferhati. On notera également la présence de représentants du mouvement associatif marocain, particulièrement l’association Action Jeunesse, la « jumelle » marocaine de RAJ, comme dira Hakim Addad. A souligner aussi la participation de la syndicaliste marocaine Fatna Afid de l’Organisation démocratique du travail (ODT). Cette première conférence donc a été donnée par le professeur Arezki Derguini, enseignant et chercheur à l’université de Sétif. Rectifiant quelque peu les termes de la problématique, son intervention se placera essentiellement sous le thème « Mouvements sociaux et action politique ».

Pour lui, les disparitions forcées « de la guerre civile ou de la lutte antiterroriste » et les « disparus de l’émigration illégale », autrement dit, les harraga, sont deux drames humains qui participent à la même tragédie, à savoir l’échec cuisant du pouvoir à dialoguer avec la société et, surtout, l’obstination du régime à configurer la société par le haut en vertu d’une vision profondément régalienne, autoritaire du pouvoir, au lieu que ce soit l’Etat qui soit l’émanation naturelle de la société suivant une mécanique démocratique. « Nous assistons à un conflit entre deux visions et deux projets : un projet qui considère que l’Etat doit être érigé par le haut et un autre qui estime que c’est à la société qu’il revient de construire l’Etat », souligne l’universitaire. Pour lui, il convient de distinguer entre la génération de la Révolution et la génération post-indépendance. « Le pouvoir est en train de passer progressivement des mains de la génération de la Révolution à la génération de l’indépendance », ajoute-t-il. A. Derguini diagnostique ainsi un conflit générationnel entre les deux conceptions suscitées. Et de préciser : « L’élite au pouvoir, particulièrement la hiérarchie militaire, s’accroche encore à cette idée que c’est l’Etat qui doit instruire et construire la société. » Sur la question des harraga, le conférencier avertit que « c’est l’une des prémices de la prochaine explosion sociale ». Et d’insister sur une thèse selon laquelle les mouvements sociaux ne sauraient triompher s’ils n’accordent une plus grande place au savoir qui, selon lui, doit vite prendre le relais de la rébellion spontanée. « Le savoir est la clé du changement. Il permet de concevoir un projet lucide et viable au lieu de se confiner dans des mouvements sans perspective », conclut-il.

« L’amnistie générale va consacrer l’impunité »

Hassan Ferhati de SOS Disparus emboîtera le pas au professeur Derguini pour brosser un tableau pour le moins poignant du drame des disparitions forcées en Algérie. D’abord, une question de sémantique. « Nous, on ne dit pas ‘mafqoudine’, ‘disparus’, on dit ‘makhtofine’, ‘kidnappés’, parce que nous, on sait qui a enlevé nos enfants. Ce sont les services de sécurité ! », assène-t-il d’emblée, avant de marteler : « Maranache habssine, on ne s’arrêtera pas ! Chaque mercredi, on tient nos rassemblements. Et ça, ça les fait fliper ! » Poursuivant son plaidoyer pour une reconnaissance sans ambages de la tragédie des disparitions forcées, Hassan Ferhati développera : « Ils nous disent qu’il faut tourner la page. Nous, on dit, non. Comment une mère peut-elle tirer un trait sur son fils ? On leur dit basta. La page de l’histoire de Algérie de 1988 à nos jours, le peuple doit la lire ». « Moi je veux comprendre : pourquoi ils ont pris mon frère ? Si c’est un terroriste, que la justice fasse son travail. J’irai moi-même en prison lui cracher sur la figure. On nous dit : prenez des indemnisations et qu’on n’en parle plus. Nous on dit ‘el moussaraha qabla el moussalaha’, la vérité avant la réconciliation. Nous, on a donné les noms, mais la justice n’a pas fait son travail. »

Le représentant de SOS Disparus déplore le fait que « le pouvoir joue sur les chiffres ». « Ils parlent de 6000 dossiers de disparus. Maître Ksentini parle de 7200 dossiers alors que dans son rapport de 2007, il avait recensé 14 400 cas. Nous, on dit qu’il y a 18 000 cas de disparition forcée en Algérie. » Et de prévenir que les familles de disparus ne vont pas se taire. « Cela nous vaut d’être persécutés aujourd’hui encore. Des mères de famille ont été tabassées dans la rue. Voilà la vérité : on n’a pas le droit de parler des disparitions forcées dans notre pays. » Dans la foulée, Hassan Ferhati dénonce par anticipation le projet d’amnistie générale dont maître Farouk Ksentini se fait le promoteur auprès de l’opinion. « La réconciliation nationale n’a rien apporté de bon. Maintenant, ils nous parlent d’amnistie générale pour consacrer l’impunité. Mais on n’a pas peur, on continuera à parler et à crier chaque mercredi : ‘atalgouna ouladna nadakhlou lediarna (relâchez nos enfants et nous rentrerons chez nous) ! », défie Hassan Ferhati. Le séminaire de RAJ se poursuivra aujourd’hui avec deux conférences : la première a pour thème « Le rôle de la culture dans l’éveil citoyen » qui sera animée par la cinéaste Habiba Djahnine et des activistes marocains. Quant à la seconde, elle sera consacrée à l’examen de la situation des mouvements sociaux au Maghreb. Et pour clore le tout en beauté, le lundi 5 octobre, un rassemblement aura lieu donc à la place des Martyrs. A la clé, un « happening » aux allures de « chahutage » citoyen. Un beau moment libertaire en perspective.

 

Mustapha Benfodil. 

( 30 juillet, 2009 )

La justice vient de rendre un jugement, qui ordonne la réintégration de Hakim Addad SG de RAJ, à son poste au niveau d’Algérie poste après que son licenciement dernier.

Nous vous transmettons, le message de Hakim Addad après cette décision.

Bien Cordialement.

 

Salam , Azul ,
Merci , Choukran, Tanamirt à tous,
J’ai, nous avons gagné une bataille et une guerre est faite de plusieurs batailles. Nous devons donc continuer à lutter. Des personnes injustement mises à l’écart, suspendues ou licenciées sont légions dans notre pays. Je leur dédie cette victoire même si tout n’est pas gagné. Il s’agit maintenant d’éxecuter cette décision de réintégration; décision qui, au passage, ne me donne pas les 10 mois de salaires non perçus. C’est aussi pour ses oubliés (es), pour leur donner courage (ou coup-RAJ) que j’ai mené cette bataille. C’est la nuit qu’il est beau de croire en la lumière dit un proverbe. Alors à nous et tous et toutes, soyons contents de cette première étape de la victoire qui en nous mobilisant,en ne cédant jamais en appelera d’autres.
Encore merci à celles et ceux qui m’ont sincèrement soutenu et un Salut particulier à Mr El Mouhtarem pour son effort de propagation de l’information, de la Libérté de lire et d’écrire.
Tahiyat Mounadhil .
Hakim Addad
PS/ Une hirondelle ne faisant pas le printemps , il n y a donc pas lieu de croire que cette décision du tribunal peut faire miroiter que la Justice est de retour , il en faut bien plus encore !!!.

( 6 mai, 2009 )

Lettres de Condoléances :

Association nationale de jeunes

Rassemblement Actions Jeunesse

RAJ

Lettre de Condoléances

Nous venons d’apprendre avec émotion le décès de la mère du coordinateur RAJ Université de Bejaia.

Plus que jamais, nous voulons aujourd’hui nous associer à la douleur de M. Ouicher Foued et de ça famille, votre douloureuse épreuve nous émeut profondément et nous voulons vous dire la part sincère que nous prenons à votre chagrin.

Croyez cependant à nos respectueux sentiments et à nos condoléances émues.

nous présentons à M. Ouicher et sa famille nos condoléances les plus attristées tout en les assurons de notre total soutiens et leurs souhaitons courage et patience .

P/RAJ (Rassemblement-Actions-Jeunesse)
       Le SG
       Hakim Addad   

                                                                                     Alger le : 06/05/2009

( 5 avril, 2009 )

RAJ Communiqué

Communiqué;
         

           Suite à l’éxpulsion ce matin de la militante des Droits Humains,  Madame Bensedrine Sihem de l’aéroport d’Alger lui refusant ainsi l’entrée sur le térritoire Algérien .
 
           Le RAJ dénonce avec la plus grande fermeté l’acte ignoble des autorites qui demontrent ainsi leur manieres de traiter les militants (es) des Droits Humains et leurs sainte horreur de tout ce qui peut être lier aux Droits et à la Justice  . 
    
         Le RAJ ammène ses soutiens à Madame Bensedrine et à la LADDH et les assurent de son entière solidarite active .
 
        
        P/ L’association  RAJ
 
             Hakim Addad
             S.G   

( 2 février, 2009 )

Nous venons  d’apprendre avec stupeur et une grande tristesse le décés d’El Hadja , mère de Monsieur Lezzar , avocat , journaliste et Ami du RAJ .
 
       En ce pénible moment , nous présentons à Mr Lezzar et sa famille nos condoléances les plus attristées tout en les assurons de notre total soutiens et leurs souhaitons courage et patience .
 
       « C’est la nuit qu’il est beau de croire en la lumière ».
 
       P/RAJ (Rassemblement-Actions-Jeunesse)
       Le SG
       Hakim Addad  

( 14 décembre, 2008 )

Hakim Addad a été congédié en Novembre dernier par les responsables d’Algérie Poste

 Mon licenciement est abusif et a une arrière-pensée politique »

EL WATAN du 13/12/2008

Publié dans le Blog le ; Dimanche 14/12/2008 .

Le licenciement de Hakim Addad de son poste d’assistant chargé de la communication à Algérie Poste s’apparente à un licenciement politique.

Confirmé au sein de cette entreprise le 21 mai 2008 après deux périodes d’essai de six mois chacune (du 16 juin 2007 à mai 2008), Hakim Addad a été licencié quatre mois plus tard, le 8 septembre 2008. Motif ? Il ne s’agit pas d’un cas d’« incompétence professionnelle ou de faute professionnelle grave ». « C’est un licenciement abusif qui a probablement sa portée politique. C’est un licenciement qui intervient après les activités intenses de l’association RAJ, dont je suis secrétaire général », déclare Hakim Addad, qui est aussi élu du FFS à l’APW d’Alger et secrétaire national chargé du mouvement associatif au sein du même parti. Y a-t-il alors une affaire Addad ? Pour trouver réponse à cette question, il faut peut-être revoir la genèse. Son recrutement à Algérie Poste a eu lieu du temps de l’ancienne directrice générale de l’entreprise, Ghania Houadria. « J’ai été recruté le 16 juin 2007 en tant qu’assistant auprès de la directrice générale chargée de la communication. Ma confirmation à ce poste est intervenue après deux périodes d’essai de six mois chacune. J’ai fourni les documents nécessaires pour le dossier administratif et le directeur des ressources humaines (DRH) a accepté mon dossier », affirme-t-il. Changement de position au gré des changements à la tête de l’entreprise. Hakim Addad n’a, semble-t-il, pas de chance. Ses déboires ont commencé deux mois après sa confirmation en tant que responsable de la communication d’Algérie Poste. Le limogeage de Ghania Houadria et son remplacement par Mohamed Hamadi à la tête de l’entreprise n’a pas été sans conséquence pour lui. « Dans un premier temps, le nouveau DG m’avait dit qu’il ne travaillait pas avec des assistants et que je serai affecté à une direction centralisée de mon choix. Ce que j’ai accepté, bien qu’aujourd’hui, ce même DG travaille avec quatre assistants », précise-t-il. Comme un malheur ne vient jamais seul, Hakim Addad a été surpris par le même DRH qui avait accepté, au début, son dossier ; il lui demande des documents supplémentaires dont la nature n’a pas été précisée. Quel genre de documents ? Pourquoi maintenant ? Aucune précision. « Il est très possible qu’il y ait une relation avec le départ de l’ancienne DG qui avait suspendu l’actuel DRH et cette demande de nouveaux documents », explique-t-il. Un simple argument pour hâter le licenciement ? En tout cas, les choses se sont précipitées pour Hakim Addad. La première décision qu’il a reçue, « après un mois de flou », était la notification de fin de ses fonctions en tant qu’assistant chargé de la communication.

Le DG de l’entreprise : « Je n’ai rien à dire »

Le 8 septembre, il reçoit deux autres décisions. La première l’informe qu’il est dégradé d’un poste supérieur à celui d’agent fonctionnel ; dans la deuxième, on lui signifie qu’il est carrément suspendu jusqu’à ce qu’il complète son dossier. Une journée après, soit le 9 septembre, une troisième décision met en œuvre le processus de sa « mise à la porte ». Dans cette décision, il apprend qu’il allait « passer devant un conseil de discipline parce qu’il n’a pas complété son dossier ». « On me laisse 12 heures pour compléter mon dossier sans me préciser les pièces à fournir. Alors que la décision dans laquelle on me demande de compléter mon dossier date du 8 septembre, on a décidé de mon passage devant un conseil de discipline le 9 septembre. Cela confirme que l’histoire du dossier n’est qu’un faux argument », souligne-t-il. Même au conseil de discipline, Hakim Addad n’a été convoqué que tardivement. « J’ai été convoqué à deux réunions du conseil de discipline et les deux convocations me sont parvenues en retard. On a tout fait pour que je n’assiste pas à ces séances. Alors que la première réunion s’est achevée sans prise de décision, la deuxième a décidé le licenciement. Même les syndicalistes qui faisaient partie de la commission paritaire (2 sur 3) avaient voté pour le licenciement », précise-t-il. Depuis, Hakim Addad s’est adressé à l’inspection de travail et a intenté une action en justice. L’affaire est à suivre. Contacté pour avoir sa version des faits, le nouveau directeur général d’Algérie Poste n’a pas souhaiter s’exprimer. « Je n’ai rien à dire. Le seul qui peut savoir pourquoi il a été licencié, c’est M. Addad. Il n’a qu’à s’adresser à la direction des ressources humaines », s’est-il contenté de nous dire. Hakim Addad, quant à lui, reste formel. « Le licenciement à une arrière-pensée politique. Il a un rapport avec les activités du RAJ, mon militantisme au sein du FFS et le fait d’avoir signé une pétition contre la révision constitutionnelle », tranche-t-il. Et d’ajouter : « Si c’est pour un dossier incomplet, le premier qui doit payer cette erreur est le DRH qui l’a accepté au début sans mot dire. »

Par Madjid Makedhi

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