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( 12 septembre, 2008 )

La jeunesse dans les luttes sociales

Abdelouhab Fersaoui est un jeune militant algérien. Venu participer au 1er Forum Social Maghrébin, ce fut l’occasion pour moi de le questionner sur la jeunesse algérienne. Qu’a-t-elle en commun avec celle du Maroc ? Il parait évident, en écoutant son discours, que les jeunes au Maroc ou en Algérie ont des luttes similaires, et parfois malheureusement ils font face à la même violence des autorités quand il s’agit de descendre dans la rue pour faire entendre leur voix. Jeunesse ignorée qu’on ne veut même pas écouter. Interview…

1. Pourrais- tu te présenter ?

La jeunesse dans les luttes sociales L135xH175_jpg_photo_1-42420Je suis Abdelouhab Fersaoui, venu de l’Algérie, je représente une association nationale de jeunes : le RAJ (Rassemblement Action jeunesse). Je suis venue au Maroc représenter mon association et les jeunes algériens dans les travaux du portail web Maghreb/Machrek [1]. J’ai auparavant assisté au déroulement des préparatifs du Forum Social Maroc de Janvier 2008.

2. Quelques mots sur ton association ?

RAJ est une association créée en 1993 par un groupe de jeunes algériens dont l’objectif est de promouvoir la défense des droits de la personne humaine, et d’encourager l’émergence des initiatives des jeunes dans le domaine culturel, scientifique, sportif, d’éducation et de citoyenneté. Nos actions se font par des campagnes de sensibilisation, des formations, des stages sur la culture des droits de l’homme.

3. Comment s’est crée l’association ?

Elle s’est crée dans une situation politique instable vécue depuis l’arrêt du processus électoral démocratique en 1992 par des militaires [2]. Cette situation a plongé l’Algérie dans un bain de sang en faisant plus de 200 000 morts, des milliers de disparus, des milliards de dollars de perte dans l’économie nationale, sans parler de la dégradation du niveau de vie de la population. Dans tout ce flou, les jeunes ont perdu leur repères et sont les premières victimes car ils se retrouvent sans perspectives. C’est pour cela que nous voulons faire du RAJ, un espace rassembleur et une tribune d’expression pour les jeunes.

4. Dans quel contexte sociopolitique le mouvement associatif en Algérie a t’il émergé ?

Depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, c’est le régime du Parti Unique (fermeture du champ politique et médiatique) qui a mené l’Algérie à ruiner l’économie nationale et qui a réprimé toutes les forces autonomes. Ce marasme social a déclenché les événements du 5 oct. 1988. Les jeunes sont descendus manifester dans les rues pour revendiquer l’amélioration du mode de vie et l’ouverture du champ politique et médiatique [3]. Ces manifestations se sont déroulées à l’échelle nationale. Malheureusement le régime algérien n’a pas hésité à réprimer violement ces manifestations en faisant plus de 500 morts [4] par balles de la part des forces de l’ordre algérien. Ces événements ont amené une brèche du champ politique et médiatique, ce qui a donné naissances par la suite a des partis politiques, des syndicats autonomes et des associations. Apres la nouvelle constitution de 1990, tout avait l’air de fonctionner jusqu’à l’arrêt du processus électoral démocratique en 1992 (NDLR : il s’agit du coup d’état). Depuis les associations autonomes travaillant en faveur de la population subissent une répression farouche de la part des autorités qui leur empêchent très souvent de faire leurs activités ou de manifester. De plus elles ne reçoivent aucune aide financière ou matérielle.

5. Changement de sujet, tu as participé au Forum Social Maroc en Janvier 2008, et au 1er Forum Social Maghrébin, quel est ton sentiment par rapport au processus pour un Maghreb des peuples ?

Je suis très content d’y avoir participé. Lors des ateliers, des choses concrètes en sont sorties. J’ai bénéficié de l’expérience des autres, d’autant plus qu’il s’agissait (en Janvier) de mon premier contact avec des organisations internationales. Ces rencontres m’ont permis d’échanger des expériences et d’établir des contacts dans la perspective de travailler ensemble. On représente une jeunesse qui a une soif inassouvie d’apprendre de se cultiver, de travailler afin de participer pleinement au développement de notre pays.


[1] Désigne l’Orient arabe, de l’Égypte à l’Irak et à la péninsule arabique.

[2] Coup d’état militaire : le Haut conseil de sécurité renverse le président Chadli Bendjedid

[3] Après Oct.88 on assiste à la création d’une presse autonome capable désormais de dénoncer et de faire la vérité sur certains faits. De plus les événements de 88 ont amené au multipartisme politique : désormais le parti unique mené jusque là par le FLN ne sera plus le seul sur la scène politique. Des partis politiques vont ainsi voir le jour, tandis que d’autres déjà existants vont pouvoir sortir de leur clandestinité

[4] Le bilan officiel table à 176 morts, 900 arrestations et des dégâts matériels de plusieurs milliards de dollars

 

( 10 septembre, 2008 )

La conférence de Tanger

Rassemblement Actions Jeunesse ( RAJ) – Algérie                                                 La conférence de Tanger arton7253-1116420702


La Conférence de Tanger .

 

 

La décennie 70, mouvementée sur le plan intérieur, ne l’a pas moins été sur le plan extérieur. Deux rencontres historiques avec nos deux voisins, l’Algérie et
la Libye, celle du Kef en 1973 et celle de Djerba en 1974, ont failli changer le sort de notre pays et sans doute celui du
Maghreb. Dans les deux cas, se sont trouvés mis à l’ordre du jour des projets de rapprochement, voire d’union politique et économique visant à façonner de manière irréversible le destin de toute la région. Dans l’un et l’autre cas, par improvisation et précipitation, ces projets à première vue séduisants, n’ont abouti qu’à faire ressortir la difficulté d’une démarche seulement politique qui, pour être fructueuse, eût dû être sagement progressive.

Bien que le contexte historique ne soit pas comparable, l’exemple européen peut être ici de quelque enseignement. Quand le général Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer décidèrent, en 1963, de tourner résolument la page d’une hostilité séculaire pour affronter en commun l’avenir et construire sur ce socle central de l’entente franco-allemande, une
Europe pacifique, ils faisaient prendre à l’histoire du continent un tournant décisif. Mais ils s’y engageaient sans se dissimuler aucun problème et dans le respect sourcilleux de la personnalité de chaque nation.

Le Maghreb, tout comme l’Europe, avait sans doute besoin d’une secousse comparable, notamment dans sa composante algéro-tunisienne. La décennie 50 avait été, pour notre région, celle d’une lutte généralement solidaire contre la colonisation ; la décennie 60,
celle de la consolidation des indépendances. Reste que des malentendus, des dissonances, des dérapages sans doute inévitables, n’en avaient pas moins émaillé nos rapports pendant la décennie 70. Et comme dans le même temps, les impératifs du voisinage et la pression des réalités militaient pour une coopération accrue, de franches clarifications se révélaient nécessaires.

Laissant aux historiens le soin d’analyser, en détail, les problèmes régionaux qui surgirent durant ces décennies, je me contenterai, pour ma part, de dire comment j’en ai vécu les principaux épisodes. Et d’abord celui du 12 mai 1973, au Kef, la grande ville austère du nord de la Tunisie, près de la frontière algérienne, quand deux chefs d’Etat, Habib Bourguiba et Houari Boumediene, faillirent forger une sorte d’entité algéro-tunisienne. Mais pour bien comprendre l’événement et ses suites, il faut faire un bref historique de nos rêves unitaires, de nos espoirs et de nos désillusions.

C’est à
Paris, haut lieu de formation des cadres de nos deux pays, qu’en 1926, fut créée l’Etoile nord-africaine par le “patriarche” algérien Messali Hadj. Un an plus tard, naissait l’Association des étudiants musulmans nord-africains (AEMNA), toujours sise au célèbre 115 du boulevard Saint Michel. Ses statuts proclamaient notamment : “L’Afrique du Nord, unie et indivisible, est une nation qui doit rester une nation pour l’éternité”.

Vingt ans après, précisément le 9 décembre 1947, sera fondé au Caire le bureau du Maghreb arabe, animé par les états-majors nationalistes réfugiés dans la capitale égyptienne : l’émir Abdelkrim El Khatabi et Allal el Fassi pour le Maroc, puis Bourguiba et Habib Thameur pour la Tunisie, bientôt rejoints pour l’Algérie par Mohamed Khider et Chedli Mekki.

Dès 1946, sur le plan syndical, lors de la fondation de l’UGTT, Ferhat Hached avait appelé à la création d’une Fédération syndicale nord-africaine. Mais ce sont les organisations estudiantines, notamment l’UGET — créée en 1952 et basée à Tunis, mais dont le gros des effectifs était en France — rejointe, en 1955, par l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) puis en 1956, par l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM) qui allaient organiser le débat politique entre les jeunesses intellectuelles des trois pays, avec le monde étudiant et les mouvements libéraux en Europe.

Ainsi, le 10 novembre 1957, à la Bourse du travail de Tunis, j’eus le privilège de présider un colloque organisé par l’UGET et l’UGEMA. Pour la première fois, depuis le début de la guerre d’Algérie, une rencontre réunissait des nationalistes algériens et des Français libéraux : Ahmed Boumendjel et Franz Fanon face à Jean Dresch, professeur à la Sorbonne et Henri Montety, un journaliste libéral. Le parti Néo-Destour était représenté par Mahmoud Maamouri, responsable de la jeunesse destourienne. Dès lors, la cause algérienne sera au centre de l’activité internationale des organisations estudiantines maghrébines, dont les dirigeants — militants éprouvés — seront de hauts responsables politiques à l’aube de l’indépendance de leur pays.

Le 27 avril 1958, s’ouvrait à Tanger la première conférence des partis nationalistes nord-africains : l’Istiqlal marocain, le Néo-Destour tunisien et le FLN algérien. Je faisais partie de la délégation tunisienne, aux côtés de Bahi Ladgham, Taieb Mhiri, Ahmed Tlili et Allala Belhaouane. Je pensais l’être en tant que secrétaire général de l’UGET. Ce n’était pas le cas, aucun dirigeant des autres organisations nationales ne figurant dans notre groupe. Bien après, j’appris que Bourguiba, personnellement, m’y avait fait adjoindre à la dernière minute.

La délégation marocaine comprenait les trois leaders de l’Istiqlal avant sa scission : Allal el Fassi, Ahmed Balafrej et Mehdi Ben Barka. L’Algérie, pour sa part, était représentée par Ferhat Abbas, Abdelhamid Mehri, Ahmed Boumendjel et surtout Abdelhafid Boussouf : “l’homme fort de l’Intérieur” qui apparaissait alors en public pour la première fois, tandis que près de cent cinquante journalistes internationaux couvraient l’événement. Après la réception protocolaire à
Rabat par le roi Mohamed V — au style de patriarche, à la fois raisonnable et prophétique — la conférence fut présidée, durant ses quatre jours, par Allal el Fassi, Mehri en étant le porte-parole. Au nom du Maroc, Balafrej, implicitement soutenu par Ladgham, tenta de relancer les bons offices tuniso-marocains, déjà refusés par la
France, en 1957. Cécité historique ! Car l’alternative était là : ou ces bons offices, ou l’internationalisation du problème.

Les résolutions finales, lues par le tunisien Belhaouane, déplorèrent que la France ait repoussé la médiation de Mohamed V et de Bourguiba, recommandèrent la constitution d’un gouvernement algérien et affirmèrent que “la forme fédérale était
celle qui répondait le mieux aux réalités des trois pays”. Les congressistes proposèrent l’institution d’une assemblée parlementaire du
Maghreb, issue des assemblées nationales du Maroc, de la Tunisie et du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA). L’on prévit, en attendant, la création d’un secrétariat permanent de la conférence.

Le 2 mai, ce fut notre retour à
Tunis dans l’enthousiasme populaire. Le 4, je fis partie de la délégation commune chargée de présenter ces résolutions au roi Idriss de Libye, à Tobrouk, où le souverain était en période “d’abstinence et de prière”. Le vieux monarque barbu aux épaisses lunettes, figure vénérable, écouta la lecture des résolutions et nous répondit que “la Libye, pays charnière entre le Maghreb et le Moyen Orient, appuiera toutes les démarches pour l’indépendance de l’Algérie et le bien de la région”. Nous nous étions attendus à un peu plus de ferveur dans l’adhésion…

Revenus à
Tripoli, je m’évertuai, mais en vain, à décider un vieil ami d’enfance Abdelaziz Chouchane à rentrer en Tunisie, qu’il avait quittée pour “youssefisme”. J’avais été renvoyé, en avril 1950, avec lui et un autre camarade, Mongi Belgaied, de l’internat de Sadiki : nous avions été des “meneurs” ayant incité les internes du collège à s’associer pendant 24 heures à la grève de la faim des étudiants de l’université théologique La Zitouna. Les dignitaires religieux et notamment l’éminent Fadhel Ben Achour — revenu auréolé du Caire — avaient organisé la manifestation pour rappeler l’importance politique de l’organisation étudiante zitounienne : “La voix de l’étudiant”, dans la lutte contre le protectorat.

[Bourguiba n’avait jamais accepté leur “intrusion”.
Du Caire, il écrivait déjà, en mai 1951, à Salah Ben Youssef :

“Le problème zitounien est en train d’évoluer dans une direction dangereuse. La question de Tahar Ben Achour, de Fadhel Ben Achour, de la Grande Mosquée me donne des soucis (…) C’est pourquoi, j’ai essayé de neutraliser, voire de conquérir Fadhel Ben Achour, en vue de priver le clan religieux de la seule tête pensante et agissante qu’il possède en Tunisie”.]

Dès l’indépendance, l’enseignement à la Zitouna sera supprimé ; son organisation estudiantine, (La Voix de l’Etudiant) rejoindra l’UGET. Cependant, Fadhel Ben Achour sera le premier doyen de la Faculté théologique et gardera l’estime et la considération de tous pour son nationalisme politique, son érudition et son savoir théologique.

 

( 8 septembre, 2008 )

Hakim Addad. Secrétaire général de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ)

« Les jeunes ont une mauvaise image de la démocratie »

Hakim Addad. Secrétaire général de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ)

« Les jeunes ont une mauvaise image de la démocratie »

De retour du Forum social mondial, dont le volet africain s’est tenu à Bamako, Hakim Addad, secrétaire général de l’association de jeunesse Rassemblement actions Jeunesse (RAJ) à Alger, revient sur les problèmes qui ont été débattus concernant l’Afrique et le Maghreb :

 

Quelle nouveauté représente pour le mouvement associatif la tenue d’une telle rencontre sur le sol africain ?

C’est une première de voir un Forum social mondial (FSM) en Afrique. Cela a permis de faire se rencontrer des militants du même continent partageant les mêmes luttes. Cette rencontre a été importante. Pourtant, on peut regretter la faible présence des représentants européens, notamment de la France, ils donnent l’impression de « bouder » les Africains. Les organisateurs attendaient 30 000 personnes et on peut estimer que nous étions environ 10 000.

Quels ont été les thèmes dominants du Forum social ?

Parmi les ateliers où je me suis rendu, les thèmes récurrents abordés ont tourné autour des problèmes considérables que connaît l’Afrique : l’information et la prévention contre le VIH a tenu une place particulière au début du séjour. Ce qui a été très positif, c’est que les débats ne se sont pas limités aux altermondialistes et aux militants. Des femmes et des enfants, qui passaient par là, ont été sensibilisés et ont pris part au débat. Par ailleurs, les questions sur la femme, l’émigration et la démocratisation ont été traitées.

Qu’en est-il de la question de la femme en Afrique et au Maghreb en particulier ?

Avec des membres des délégations marocaine, tunisienne et algérienne et mauritanienne, s’est tenue une discussion sur la femme maghrébine. Ce qui en ressort c’est que beaucoup de choses restent à faire. Après avoir écouté des représentants des pays du Maghreb, il en est ressorti que l’Algérie reste bien en retard sur cette question. Au regard des acquis sur l’égalité homme/femme, la Tunisie est en avance, le Maroc aussi, avec la révision de leur code de la famille. Malgré la retouche insignifiante faite à notre code de la famille, l’Algérie reste bien à la traîne sur les droits de la femme. En Algérie, il y a eu un blocage pendant une dizaine d’années. Le mouvement féministe ne peut pas se battre de la même manière dans un pays en guerre.

Vous faites partie d’une association de jeunes. Quelles sont les problématiques inhérentes aux jeunes dans le cadre de cette rencontre ?

Pour ma part, nous animions un débat autour du thème « Jeunesse et Démocratie », au camp Thomas Sankara. Les ateliers étaient menés par les jeunes eux-mêmes, c’était très vivant. Le nombre de participants tournait autour de 50 personnes en moyenne par débat. Nous avons surtout discuté de la manière de « faire » la démocratie dans nos pays respectifs. En effet, les jeunes ont une mauvaise image de la démocratie en l’assimilant aux politiques menées par G.W. Bush ou mêmes par les gouvernements européens. Même si les jeunes veulent que le drapeau rouge flotte partout, ils sont soucieux de défendre leur propre culture ancestrale qui tait les questions de la condition de la femme, par exemple. Le travail à faire dans la réhabilitation de l’idée de la démocratie se situe dans l’affirmation qu’il ne s’agit pas d’un modèle exclusivement occidental et qu’il ne s’agit pas de mettre un bulletin dans l’urne, et d’attendre que le reste suive. C’est un travail au quotidien. C’est le problème que nous connaissons en Algérie. Il a fallu déployer des efforts considérables pour expliquer que la démocratie n’est pas forcément « le monde selon Bush ». L’Europe n’a pas non plus une bonne image auprès des jeunes.

Quelle a été la teneur des débats soulevés ?

La question de l’immigration a été centrale. Cela a permis de se rendre compte que les problèmes de l’émigration ne touchent pas seulement les pays du Nord. Un intervenant togolais confiait qu’il avait traversé 4 fois les frontières algériennes et marocaines, et qu’il a non seulement été refoulé par les deux pays, mais raccompagné à la frontière dans des conditions déplorables. Cela a mis au jour les dissensions qui existent entre les pays. Nous avons parlé des relations Nord-Sud, Sud-Sud et Sud-Nord. Par ailleurs, un débat houleux s’est engagé, dans les ateliers où j’étais présent, autour de l’islamisme qui essaye de se faire une place parmi les altermondialistes. Ce n’est pas parce qu’on lutte contre le capitalisme et son modèle américain qu’il faut s’allier au diable. J’estime qu’un islamiste est un islamiste. Il faut donc faire attention aux alliances dangereuses. Cela ne veut pas dire que nous nous opposons à la religion. Il a seulement manqué un mot, à mon avis, central au débat, c’est le mot « laïcité ». Je pense en effet que c’est la voie à prendre pour sauvegarder et les citoyens et la religion.

Avec quelles conclusions repartez-vous de Bamako ?

Je trouve que la question de l’environnement n’a pas été suffisamment traitée. C’est peut-être dû au fait que les problématiques africaines prioritaires sont plus tournées vers des sujets de première nécessité : il faut d’abord arrêter d’avoir faim pour s’occuper des questions d’environnent. J’espère que les liens et les échanges qu’il y a eu entre les acteurs du monde associatif à Bamako, ne se cantonneront pas aux déclarations de principe. Car si la multiplication des forums sociaux dans le monde est une bonne chose, il faut surtout avancer vers une action concertée entre militants des différents pays africains.

Et l’Algérie, dans tout ça …

L’Algérie bénéficie aux yeux du monde d’une image positive. On croit que tout va bien, or, c’est une vitrine. De nombreuses atteintes aux libertés collectives, individuelles et d’expression sont à déplorer. La question très actuelle de la reconnaissance des libertés syndicales montre à plus d’un titre que l’Algérie ne possède rien de plus qu’une vitrine démocratique que les autorités tentent de montrer. Malgré cela, nous avons pu affirmer, lors de ces rencontres, qu’il existe des gens de la presse qui se battent ainsi que les syndicalistes, les associations de femmes…, et que la résistance est en marche.

A Bouznika (Maroc), se préparent les rencontres préparatoires à un éventuel Forum social maghrébin. Quels sont ses objectifs ?

Tout d’abord réfléchir ensemble sur des thèmes que l’on peut aborder de manière commune. Mais il se pose un problème : aucune organisation n’est une ONG. Par ailleurs, les délégations des différents pays n’en sont pas au même stade dans leur évolution et reflète l’avancée des libertés dans nos pays respectifs . Par exemple, le Maroc, à l’origine de cette initiative, est très présent et implanté dans la société civile du pays. Le Forum social algérien ( FSA) est quand à lui à ses débuts et ses balbutiements, tandis qu’en Tunisie, les tentatives de formation syndicales sont très entravées. Les seules, autorisées à pouvoir s’exprimer, sont les associations de femmes, quant à la Libye, elle n’a même pas pu former de délégation.

Qu’en est-il de l’Algérie, concernant ces questions ?

Concernant la défense des libertés démocratiques, nous constatons malheureusement que l’Algérie a encore du chemin à faire. Nous sommes outrés des pressions faites aux deux journalistes algériens, dont celui d’El Khabar. Nous tenons, au RAJ, aux principes des libertés démocratiques, et nous ne pouvons que dénoncer avec force une énième fois cette nouvelle condamnation. Cela démontre, s’il y a lieu de le faire, de quelle manière est traitée la liberté, à commencer par celle de la presse dans notre pays. Nous ne pouvons que soutenir le journaliste en grève de la faim. Nous faisons nôtre l’exigence de sa libération et de celle des autres journalistes. Cela montre une nouvelle fois l’exigence de rester mobilisés en permanence pour préserver les acquis d’octobre 1988, dont celui du pluralisme de la presse. Nous appelons les organisations, les journalistes et les syndicats à des actions communes pour leur libération, et assurer une continuité au débat démocratique. Les autorités montrent ainsi au monde leur manière de pratiquer la justice, et le respect des libertés démocratiques. Dorénavant, nul ne pourra dire : « Je ne savais pas ».

 

Par Sara Doublier

( 8 septembre, 2008 )

Rencontre avec Hakim Addad, secrétaire général du Raj

 Rencontre avec Hakim Addad, secrétaire général du Raj
Par M. Laribi
 

Parmi les associations qui avaient appelé à la manifestation du 8 août, nous en avons rencontré une qui milite dans le pays depuis 1993.
Le Raj (rassemblement action jeunesse) est de tous les combats. Pendant les périodes les plus dangereuses qu’a connu le pays où toute forme de liberté d’expression était anéantie, le Raj menaient des campagnes de prévention sur le sida où encore des conférences sur les droits de l’homme ! Rencontre avec Hakim Addad, l’actuel secrétaire général du mouvement.
 
 
 
 




 

Dans quelles conditions a été crée le RAJ et qui en étaient les instigateurs ? Hakim Addad : «en décembre 1991, le front islamique du salut (FIS) sort vainqueur des élections législatives -vote qui sera annulé en janvier 1992- c’est à ce moment là que  ceux qui allaient devenir les membres fondateurs du Raj ont réalisé qu’il y avait dans ce pays un réel problème au niveau de l’information et de la sensibilisation de la jeunesse algérienne. Cette jeunesse algérienne de moins de 30 ans représente à elle seule plus de 75% de la population entière. C’est à la suite de toutes ces prises de consciences que nous nous sommes réunis pour créer RAJ. Nous étions 22 membres fondateurs, le même nombre que les instigateurs de la révolution algérienne en 1954 (sourire). Nous étions tous issus de milieux plutôt défavorisés. La plupart d’entre nous étaient soit étudiants soit chômeurs. Nous étions donc très représentatifs de cette jeunesse ligotée dans un pays qui sombrait. Il y avait à l’époque une réelle nécessité de créer une organisation de jeunes complètement indépendante de toute autorité que ce soit d’un parti politique ou du pouvoir lui même. Voilà donc les conditions dans lesquelles le RAJ a été crée ! Quel est le genre d’actions que vous menez ? H.A : le travail des enRAJés était essentiellement socioculturel les deux premières années. En 1995, il y a eu une demande très forte de la part des adhérents que le RAJ prenne position et interpelle le pouvoir politique et l’opposition concernant les violences dans le pays. Le RAJ entamera donc cette même année, une campagne nationale en interpellant le pouvoir afin de trouver une solution à la crise que traversait le pays. Le RAJ lance une pétition et en un mois et demi, grâce à l’activisme de nos militants, nous avons récoltés plus de 20 000 signature. La campagne s’est clôturée avec un grand rassemblement concert où plus de 10 000 spectateurs étaient présents. 

Vous avez décidé de boycotter le festival de la jeunesse après avoir fait partie du comité d’organisation, pour quelles raisons vous êtes-vous retirés et quelles actions avez-vous mené pour le boycotte ? H.A : L’organisation de ce festival était en cours depuis deux ans. Nous étions au début partie prenante de l’organisation pour voir de nos yeux comment ce festival était préparé par les organisations pro gouvernementales mais aussi et surtout pour essayer de faire de ce festival une occasion de parler des réalités de la jeunesse algérienne.   

Nous nous en sommes retirés parce ces réalités de la vie du peuple algérien et de la jeunesse en particulier n’étaient absolument pas prises en compte. Elle aurait dû être pourtant au centre de tous les débats vu les souffrances qu’elle traverse.
Il était donc impossible au niveau de notre morale de duper la jeunesse mondiale venue manifester contre la mondialisation dans un pays où le gouvernement fonce tête baissées vers un capitalisme à la sauvage en privatisant tout en bloc, en licenciant des centaines de personnes et en ouvrant ses marchés aux capitaux étrangers.
Enfin, la raison principale pour laquelle nous avons décidé de faire de ce carnaval un échec est que nous sommes partie intégrante du mouvement populaire et citoyen en cours depuis le mois d’avril dernier. Il nous était donc inconcevable de participer à cette initiative organisée par et pour le pouvoir au moment même où ce dernier tire sur la population à balles réelles et réprime sauvagement les algériens qui se mobilisent pour leurs liberté citoyenne et leur dignité.
Nous avons publié des tracts dans lesquels on dénonçait clairement cette mascarade et nous avons tenté de les distribuer aux délégations étrangère de manière pacifiste. Nous nous sommes rendu à l’entrée de la faculté de Bab Ezzouar où se tenait une conférence dans le cadre du festival. A peine avions nous commencé à distribuer nos tracts que les forces de police se sont mis à nous embarquer un par un et nous ont conduit au commissariat. Après trois heures de garde à vue durant lesquelles nous avons été frappés et insultés, on nous a finalement libérés.
Le lendemain nous avons récidivé. Nous ne pouvions évidemment pas rater la clôture du festival. Nous avons eu beaucoup de mal à distribuer nos tracts, j’ai donc décidé à un moment donné de rentrer carrément dans les bus des délégations étrangères pour leurs donner les prospectus de main à main. Au bout du deuxième bus, les jeunes de la sécurité du festival se sont jeter sur moi et ont faillis me lyncher. Les forces de l’ordre sont arrivées ensuite et m’ont traîner au commissariat d’où j’ai été rapidement libéré. Vous voyez ! dans un pays où les terroristes, les égorgeurs de femmes et d’enfants, sont amnistiés, les actes les plus pacifistes sont sévèrement réprimés. Il faut donc savoir où l’on se place. Nous avons choisi notre camp, c’est celui du peuple dont nous faisons partie.
Pour la vie et pour l’Algérie, nous lutterons toute notre vie ! »
 Propos recueillis par Meriem Laribi
meriemlaribi@yahoo.fr
 
  

( 6 septembre, 2008 )

RAJ commémore la déclaration sur l’unité du Maghreb à l’université de Béjaïa

L’ association RAJ (Rassemblement-Actions-Jeunesse, Algérie) a organisé à l’université de Béjaia les Lundi 28 et Mardi 29 Avril 2008 une conférence-débat « dans le cadre de la dynamique enclenchée par le comité de suivi du FSMagh pour la célébration du 50 ème anniversaire de la conférence de Tanger, conférence qui avait pour objectif l’unité du Maghreb, objectif qui tarde à se concrétiser malgré l’impatience et la longue attente des peuples d’Afrique du Nord. » Le mot d’ordre de l’invitation : « Tous ensemble pour l’avènement d’un Maghreb des Peuples, démocratique, progressiste, et prospère ! »

La conférence était animée notamment par les représentants des syndicats autonomes algériens SNAPAP, CNAPEST et CLA, qui sont intervenus sur le mouvement syndical en Algérie et ses perspectives au niveau du Maghreb. Elle était présentée par Maître Bouchachi, Président de la ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH), Maître Ali Yahia Abdenour, président d’honneur de la LADDH. Le RAJ avait prévu de procéder pour cette commémoration à la distribution et à la présentation de la conférence de Tanger et de la charte des peuples du Maghreb.

En Algérie, si l’initiative de RAJ à l’université de Béjaia en petite Kabylie s’est bien déroulée, la commémoration prévue à Alger s’est heurtée en revanche au pouvoir en place avec fracas : le « colloque historique à caractère scientifique » dédié au cinquantenaire de la conférence de Tanger, qu’organisait notamment la haute figure algérienne Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du FLN (et qui était présent à la fameuse conférence de 1958), a été annulé sans explication par les autorités.

La Commémoration de la Déclaration de Tanger

Quel était l’évènement ainsi commémoré ? Du 27 au 29 avril 1958, s’est déroulé au Maroc un événement important, aujourd’hui pourtant largement oublié : la « Conférence maghrébine de Tanger ». Celle-ci a réuni les dirigeants des principaux partis des gauches nationalistes maghrébines d’alors : le Neo-Destour, l’Istiqlal et le FLN. L’évènement se déroulait en pleine guerre d’Algérie, et deux ans après l’Indépendance du Maroc et de la Tunisie. L’heure était au panarabisme et au tiers-mondisme. Les trois partis nationalistes représentés adoptèrent lors de cette conférence une résolution ambitieuse sur « l’unité du Maghreb », en présence de Ferhat Abbas, Abdelhamid Mehri, Ahmed Boumendjel, Abdelhafid Boussouf, Mehdi Ben Barka…

Fin avril 2008, les mouvements sociaux et les partis politiques, du Maghreb et de l’immigration maghrébine en Europe, ont tenu à commémorer l’évènement. Diverses initiatives organisées un peu partout ont ainsi tenté d’élucider les raisons subjectives et objectives qui ont empêché la réalisation effective de l’unité du Maghreb proclamée en 1958. « Commémorer le 50ème anniversaire de la conférence de Tanger est pour les signataires (1) l’occasion de réaffirmer que l’unité du Maghreb est une aspiration légitime des peuples qui doit se traduire en une volonté politique qui met en ouvre la construction du Maghreb des peuples uni, démocratique, progressiste, moderne et prospère », lit-on dans l’appel à la commémoration qui s’est tenue à Paris fin avril. Celle-ci a réuni Sophie Bessis, Mohamed Harbi, René Galissot et Raymond Benhaïm, autour de Ali Elbaz, qui introduisait la soirée, devant une cinquantaine de personnes.

Une commémoration similaire était organisée le 26 avril 2008 au Maroc, à Tanger même, à l’appel du Comité de Suivi du FSMaghreb, en charge de l’organisation du Forum Social Maghrébin à venir, les 25-26-27 juillet prochains au Maroc. Pour Kamel Lahbib, l’un des initiateurs de cette nouvelle conférence tangéroise, la modeste participation qu’il a enregistrée raconte en creux tout le travail qui reste à faire pour sensibiliser davantage à l’enjeu d’une union maghrébine : « au-delà de l’Appel historique de Tanger, un tel travail pourrait s’appuyer aujourd’hui sur une Charte du Maghreb des Peuples », dit-il. Kamel Lahbib évoque toutefois positivement la participation à cette réunion des partis politiques marocains, notamment l’Istiqlal et l’USFP . « Même si cela semble relever peut-être davantage de la politique-spectacle que de la réflexion profonde sur la signification d’une dimension maghrébine des luttes », nuance-t-il aussi.

D’hier à aujourd’hui

Pourquoi la déclaration de Tanger de 1958, qui proclamait l’Union du Maghreb, est-elle restée lettre morte, « aussitôt proclamée, aussitôt enterrée », comme se désolait Ali Elbaz de l’ATMF en introduction du débat parisien ? Les divers intervenants présents ce soir-là au Centre International de Culture Populaire à Paris, ont avancé des pistes d’explication. « L’idée d’Etat-Nation mise en pratique par les mouvements nationalistes, lesquels avaient en tête leurs objectifs de libération du joug impérialiste, ne concordaient pas forcément avec l’intérêt plus global des sociétés », a commenté René Galissot. « On ne pensait pas alors le Maghreb comme un espace politique à intégrer (à la manière de l’Union européenne par exemple), mais comme espace de solidarité contre l’impérialisme », a complété Mohammed Harbi. « Il est normal que les acteurs politiques d’alors se soient d’abord employé à construire des Etats-Nations, mais les Etats ont ensuite tenter de surmonter les luttes politiques internes en se construisant les uns contre les autres et en raffermissant ainsi l’idée nationale en commun. Pourtant, il existait une volonté réelle de Maghreb commun », a renchéri Raymond Benhaïm. « Ce sont les populations qui pâtissent encore et toujours de ce ’non-Maghreb’ », a commenté pour sa part Sophie Bessis. Pour elle, « les pays du Maghreb ont choisi de privilégier la construction de relations Nord-Sud plutôt que des relations horizontales entre eux. Mais est-ce la seule faute des Européens ? Aujourd’hui, l’Union du Maghreb Arabe est un cadavre qui bouge à peine. Et les nouvelles politiques antiterroristes internationales, le souci du contrôle des flux migratoires méditerranéens, achève aujourd’hui de faire des Etats maghrébins les supplétifs des pays du Nord. Il faut réfléchir à un projet fédéral qui détache le Maghreb de ces rapports Nord-Sud. »

Pour Raymond Benhaïm, « ce qui bouge et importe aujourd’hui se déroule non pas dans les partis, mais dans les mouvements sociaux. Ce qui compte désormais le plus, c’est la transversalité à créer et conforter entre ceux-ci. » Voilà pourquoi selon lui « le Forum Social Maghrébin est un événement important, d’une grande maturité politique, comme il l’a montré déjà lors de ses diverses rencontres préliminaires.. » De fait, la perspective du FSMagh de juillet au Maroc était implicitement présente dans cette réunion. « On est tous d’accord que ce qu’il faut amplifier aujourd’hui, ce sont les mouvements sociaux et les mouvements des droits », a conclu René Galissot. « N’oublions pas cependant, comme ce fut le cas en 1958, que le Maghreb, c’est aussi la Mauritanie, le Sahara Occidental et la Libye… », a commenté au sortir de la réunion un jeune acteur civil sahraoui, par ailleurs actif dans le processus du Forum Social Maghrébin.

( 6 septembre, 2008 )

1er Forum social maghrébin : Pour un Maghreb solidaire et prospère

 L’ONG algérienne RAJ (Rassemblement Actions Jeunesse), le Forum social algérien (FSA), le Snapap et le CLA, SOS Disparus ainsi que l’Association pour le tourisme et l’environnement ont participé au 1er Forum social maghrébin qui s’est déroulé du 24 au 26 juillet à Al Jadida, au Maroc.

« A l’heure de la commémoration du cinquantenaire de la déclaration de Tanger, il était primordial pour nous, le RAJ, et pour nos autres partenaires réunis à ce forum de faire le bilan et surtout de tracer les perspectives pour la construction du grand Maghreb démocratique des peuples, rêve de nos aînés et qui reste d’actualité, aujourd’hui plus que jamais », lit-on dans le communiqué de RAJ. « En soutien aux différents mouvements sociaux dans le Maghreb, dont le mouvement des professeurs vacataires en Algérie, les participants au forum ont organisé un rassemblement le 26 juillet à l’entrée de l’université de la ville Al Jadida », précise le même communiqué. Ce forum maghrébin a été également l’occasion de lancer le comité de suivi pour la création de e-joussou.net, un portail internet ouvert à la société civile du Maghreb et du Machrek. Le RAJ a été choisi comme le promoteur algérien de ce portail alternatif. Le RAJ sera ainsi chargé de faire adhérer le maximum d’associations et d’ONG algériennes à ce projet. Il a été prévu aussi que le RAJ entame un programme de travail commun avec l’ONG marocaine Action Jeunesse. Enfin, le 1er forum maghrébin du genre a été clôturé par l’adoption de la charte des peuples du Maghreb. Les quelque 2000 participants au forum qui ont adopté « la Charte du Maghreb des peuples » ont exprimé leur détermination à œuvrer à jeter les jalons d’un Maghreb « de paix, de solidarité et de prospérité partagée ». La Mauritanie devra accueillir le deuxième Forum social maghrébin l’année prochaine.

Par Adlène Meddi

( 6 septembre, 2008 )

Qui sommes nous ?

Description

Présentation, histoire et objectifs: 

l’Association Nationale de Jeunes, Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) est créée par un groupe de jeunes,elle a été agréée le 16 mars 1993 sous le numéro 15 par le ministère de l’intérieur de l’Algérie. 

  • RAJ est une association socioculturelle qui as comme principal objectif la sensibilisation et la mobilisation des jeunes aux problèmes sociaux, ainsi que la promotion de toute activités culturelles et des droits de l’homme. 

RAJ a pour mission de regrouper et de permettre l’expression de toutes celles et tous ceux, jeunes d’Algérie qui refusent la fatalité du chômage, du désoeuvrement, source pour beaucoup d’entre nous de désespoir, d’exclusion et de rêves illusoires du « mieux ailleurs » avancé.

  • RAJ a également comme souci, la sensibilisation des jeunes sur l’importance de droits de l’homme, de la citoyenneté et de la solidarité. D’autre par il est nécessaire aujourd’hui de construire un mouvement associatif fort, qui assumerait son rôle concrètement dans la société civile, en tant que force de proposition et de mobilisation. 
  • PRINCIPALES ACTIVITES ET INITIATIVES DU RAJ 

    Chaque année depuis 1993, le RAJ organise les activités suivantes à travers les comités locaux et universitaires du RAJ représentés à l’échelle national :

  • 1.   La célébration de la journée Internationale des droits de l’homme
  • 2.   La célébration de la journée Internationale de la femme
  • 3.   La célébration de la journée Internationale de la liberté de la presse
  • 4.   Compagne de sensibilisation des lycéens sur leurs devoirs et leurs droit, ainsi sur le CIDA, la toxicomanie et les droits de l’homme ainsi que le système éducatif
  • 5.   Festival d’octobre (commémoration des évènements de 05 octobre 1988).
  • 6.   Compagnes de sensibilisation sur les droits de l’homme 

     

     

    Et cela en organisant plusieurs  activités telles que :·     

  • Diverses expositions
  • ·Concours culturels
  • ·Conférences débats, Tables rendes et Séminaires sur la citoyenneté, droit civils, civique, économiques, culturels et politiques, la jeunesse et la politique et le changement d’élites,les libertés individuelles et collectives, la paix, justice transitoire, mouvement sociaux, droit de la femme et des enfants …)
  • ·Rencontre des lycéens
  • ·Camp de jeunes
  • ·Universités d’étés
  • ·Galas artistiques  Aussi RAJ organise :
  • ·Exposition de jeunes (tout arts confondus)
  • · Organisation de concerts :
  • promotion pour des jeunes artistes sans moyens. 
  •            ·Tournée dans les hôpitaux pour enfants (animation, dons de livre, séances de lecture …)
  •             ·Tournée théâtrale dans les différentes régions du pays
  •          · Opérations de dons de ventoline pour asthmatiques et de l’insuline pour diabétiques
  •             · Formation gratuite.
  •             · RAJ a mené une compagne nationale sur la paix en Algérie (en 1995) avec une pétition nationale (20.000 signatures) et un grand rassemblement concert pour la paix (10.000 personnes).
  •             · Les membres du RAJ ont fait 13 jours de grève de la faim pour le respect des libertés démocratiques et contre le refus des autorités aux RAJ d’organiser son 4eme festival sur les événements d’octobre 1988.
  •             · Des sit-in de protestations à Alger contre les violations des droits de l’homme et l’interdiction des conférences du RAJ sur les droits de l’homme en 1995 et en 1997.
  •              · Participation du RAJ en 1996 au collectif pour la libération de plusieurs journalistes emprisonnés.
  •              · Rassemblements pour la refonte du système éducatif devant le ministère de l’éducation
  •            ·En 1997 : Tenir un Rassemblement interdit devant l’Assemblé Populaire Nationale (APN) a Alger pour revendiquer que le 5 octobre, soit une journée nationale et officielle pour la démocratie. (Depuis 2001, tout rassemblement est interdit à la capitale Alger)
  •               ·Rassemblement le 29 juin 1995 devant le siège de l’ONU A Alger pour protester contre le génocide et soutenir le peuple bosniaque.·      Echanges internationaux
  •                ·Obtention d’un pris pour les droits de l’homme a BREMAN (Almagne) en 1998
  •                 ·Invitation les six candidats aux élection présidentielle algérienne en 1999 au forum du RAJ.
  •              · Publication du journal de l’association (VIE-RAJ) :

§ Spéciale droits de l’homme § Spéciale droits de la femme Spéciale droits de l’enfant§ Spéciale octobre 1988 § Spéciale paix aujourd’hui, droits pour toujours

 

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( 5 septembre, 2008 )

Description : Présentation, histoire et objectifs

l’Association Nationale de Jeunes, Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) est créée par un groupe de jeunes,elle a été agréée le 16 mars 1993 sous le numéro 15 par le ministère de l’intérieur de l’Algérie. 

  • RAJ est une association socioculturelle qui as comme principal objectif la sensibilisation et la mobilisation des jeunes aux problèmes sociaux, ainsi que la promotion de toute activités culturelles et des droits de l’homme. 

RAJ a pour mission de regrouper et de permettre l’expression de toutes celles et tous ceux, jeunes d’Algérie qui refusent la fatalité du chômage, du désoeuvrement, source pour beaucoup d’entre nous de désespoir, d’exclusion et de rêves illusoires du « mieux ailleurs » avancé.

  • RAJ a également comme souci, la sensibilisation des jeunes sur l’importance de droits de l’homme, de la citoyenneté et de la solidarité. D’autre par il est nécessaire aujourd’hui de construire un mouvement associatif fort, qui assumerait son rôle concrètement dans la société civile, en tant que force de proposition et de mobilisation. 
  • PRINCIPALES ACTIVITES ET INITIATIVES DU RAJ 

    Chaque année depuis 1993, le RAJ organise les activités suivantes à travers les comités locaux et universitaires du RAJ représentés à l’échelle national :

  • 1.   La célébration de la journée Internationale des droits de l’homme
  • 2.   La célébration de la journée Internationale de la femme
  • 3.   La célébration de la journée Internationale de la liberté de la presse
  • 4.   Compagne de sensibilisation des lycéens sur leurs devoirs et leurs droit, ainsi sur le CIDA, la toxicomanie et les droits de l’homme ainsi que le système éducatif
  • 5.   Festival d’octobre (commémoration des évènements de 05 octobre 1988).
  • 6.   Compagnes de sensibilisation sur les droits de l’homme 

     

     

    Et cela en organisant plusieurs  activités telles que :·     

  • Diverses expositions
  • ·Concours culturels
  • ·Conférences débats, Tables rendes et Séminaires sur la citoyenneté, droit civils, civique, économiques, culturels et politiques, la jeunesse et la politique et le changement d’élites,les libertés individuelles et collectives, la paix, justice transitoire, mouvement sociaux, droit de la femme et des enfants …)
  • ·Rencontre des lycéens
  • ·Camp de jeunes
  • ·Universités d’étés
  • ·Galas artistiques  Aussi RAJ organise :
  • ·Exposition de jeunes (tout arts confondus)
  • · Organisation de concerts :
  • promotion pour des jeunes artistes sans moyens. 
  •            ·Tournée dans les hôpitaux pour enfants (animation, dons de livre, séances de lecture …)
  •             ·Tournée théâtrale dans les différentes régions du pays
  •          · Opérations de dons de ventoline pour asthmatiques et de l’insuline pour diabétiques
  •             · Formation gratuite.
  •             · RAJ a mené une compagne nationale sur la paix en Algérie (en 1995) avec une pétition nationale (20.000 signatures) et un grand rassemblement concert pour la paix (10.000 personnes).
  •             · Les membres du RAJ ont fait 13 jours de grève de la faim pour le respect des libertés démocratiques et contre le refus des autorités aux RAJ d’organiser son 4eme festival sur les événements d’octobre 1988.
  •             · Des sit-in de protestations à Alger contre les violations des droits de l’homme et l’interdiction des conférences du RAJ sur les droits de l’homme en 1995 et en 1997.
  •              · Participation du RAJ en 1996 au collectif pour la libération de plusieurs journalistes emprisonnés.
  •              · Rassemblements pour la refonte du système éducatif devant le ministère de l’éducation
  •            ·En 1997 : Tenir un Rassemblement interdit devant l’Assemblé Populaire Nationale (APN) a Alger pour revendiquer que le 5 octobre, soit une journée nationale et officielle pour la démocratie. (Depuis 2001, tout rassemblement est interdit à la capitale Alger)
  •               ·Rassemblement le 29 juin 1995 devant le siège de l’ONU A Alger pour protester contre le génocide et soutenir le peuple bosniaque.·      Echanges internationaux
  •                ·Obtention d’un pris pour les droits de l’homme a BREMAN (Almagne) en 1998
  •                 ·Invitation les six candidats aux élection présidentielle algérienne en 1999 au forum du RAJ.
  •              · Publication du journal de l’association (VIE-RAJ) :

§ Spéciale droits de l’homme § Spéciale droits de la femme Spéciale droits de l’enfant§ Spéciale octobre 1988 § Spéciale paix aujourd’hui, droits pour toujours

( 5 septembre, 2008 )

Hakim Addad. Secrétaire général de Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ

 Les jeunes croient moins au changement pacifique »  Hakim Addad. Secrétaire général de Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ e907f68bf77b190c10766ab96d659da1
 Le Raj compte-t-il reprendre ses activités ?
 Il n’a jamais cessé ses activités. Les comités des villes et universités sont organisés régulièrement, notamment au centre et à l’est du pays. Principalement dans les universités. Il est vrai que le manque de moyens financiers et les graves restrictions aux droits de réunion ont quelque peu freiné l’organisation de grandes manifestations, mais nous sommes toujours là.
 L’association RAJ est née dans le sillage des événements d’octobre 88. qu’est-il resté de l’esprit d’octobre ?
 Beaucoup ne se souviennent plus de ces évènements qui ont failli changer l’Algérie. Les années de braise ont fait passer au second plan les acquis d’octobre. Par la politique, toujours en place, les espoirs nés d’après octobre 88 se sont, pour beaucoup, transformés en désenchantements. Cela étant, il reste quelques inconditionnels, tels que les « en-RAJ-és » qui continuent d’essayer, bon an mal an, sans revenir sur toutes les difficultés rencontrées, pour que le sillon tracé en octobre 88 continue d’exister. Nous sommes à la veille du 20e anniversaire, nous lançons un appel notamment à la presse pour que le mois d’octobre prochain soit une date de recueillement et de reconnaissance en mémoire de ceux qui nous ont permis, par leur lutte, d’exister aujourd’hui et de crier à ceux qui gouvernent le pays aujourd’hui que l’esprit d’octobre est encore là.
 On a l’impression que le mouvement associatif s’est quelque peu essoufflé, cela s’en ressent-il au RAj ?
 Rien qu’en adhérant à l’association, ils démontrent, si ce n’est l’espoir, au moins une volonté de changement. Les jeunes, en général, croient moins à la classe politique et, malheureusement, au changement pacifique. Le Raj essaye d’être à contre-courant de cet état d’esprit. Aujourd’hui, on adhère de moins en moins à tout ce qui est politique et associatif, au Raj ou ailleurs. Il y a néanmoins une demande en particulier dans le milieu estudiantin. Je dois dire qu’il faut tirer chapeau à ces jeunes qui adhérent encore aux associations. Pour des raisons politiques, sécuritaires et sociales, il n’est pas facile de s’engager dans des mouvements associatifs. Ce sont des personnes qui n’ont pas choisi l’individualisme.
 Quel regard portez-vous sur la jeunesse ?
 C’est un regard de désolation de voir où l’a menée la politique ou « non-politique » du système actuel. Ces jeunes qui ont montré, au début des années 2000, leur s torses sur lesquels ils avaient inscrit : « Tirez-moi dessus, je suis déjà mort », ou ceux qui traversent les mers à leurs risques et périls prouvent, si besoin est, l’échec des politiques menées jusque-là, et ce malgré des caisses pleines. Il faut, à mon avis, saluer les jeunes algériens, qui malgré les difficultés, font de leur mieux pour aller de l’avant et beaucoup y arrivent, qu’importe les voies et moyens.
 Il y a aujourd’hui « deux jeunesses » et le fossé se creuse davantage, comment expliquez-vous ce clivage ?
 Il y a d’abord un fossé géographique. Les uns ne connaissent pas les autres mais, dans le même temps, ils sont sur le même bateau. Leurs rêves sont les identiques : un avenir un tant soit peu meilleur de préférence dans leur pays. Lorsque des jeunes passent en voiture à vive allure, c’est aussi l’expression d’une forme de violence, même si, dit-on, c’est le propre de la jeunesse que d’adopter ce genre de comportement. Certes, la frustration génère la violence, mais une émeute nationale ne profitera à personne. Je ne pense pas qu’il faille montrer du doigt cette catégorie qui se pavane dans de grosses bagnoles. A mon avis, il faut aller vers eux, les sensibiliser et travailler ensemble pour des lendemains meilleurs. La déliquescence de toute la société, notamment l’école et la famille, et l’absence de référent font que la société flotte. Il n’y a rien à quoi ils peuvent s’accrocher.
 Ressentez-vous notamment chez les adhérents de l’association une volonté de changer les choses ?
 La volonté est là mais pas les moyens de s’en sortir. Ils ont l’air d’avoir perdu le sens de l’effort. Il est nécessaire de combler le fossé entre ces deux classes de jeunes. A travers une politique d’investissement et de création d’emploi, on permettra un retour de confiance entre la population et ses responsables. Mais les jeunes aussi doivent se retrousser les manches. Il est inutile de passer son temps à se plaindre, aussi légitimes soient les doléances, ou de déclencher des émeutes dont, le plus souvent, ils payeront le tribut leurs familles et eux-mêmes. Il faut adopter des modes de revendication pacifiques et constructifs. 
Par Amel Blidi 

( 5 septembre, 2008 )

RAJ : « Le rôle de la jeunesse dans la construction démocratique »

Dans le cadre de la célébration du 46ème anniversaire de l’Indépendance et de la Journée nationale de la Jeunesse qui se déroule le 5 juillet de chaque année, le comité d’Aït Smaïl de l’association nationale de jeunes Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) a organisé jeudi 3 juillet 2008 une conférence débat sur « le rôle de la jeunesse dans la construction démocratique », introduite par monsieur Djamel BAHLOUL, enseignant en droit à l’université de Béjaia.
Le conférencier a d’abord proposé un aperçu du rôle que la jeunesse a joué durant le mouvement national de libération. « On ne peut pas parler de la jeunesse algérienne sans la situer dans le temps, notamment la période coloniale, durant laquelle le peuple algérien et maghrébin en général était dépossédé de ses droits les plus élémentaires, et où cette population juvénile a pris courageusement les devants pour sortir le mouvement national de l’impasse : c’est d’abord elle qui a déclenché et encadré une révolution portée par les valeurs modernes de liberté, de démocratie et de défense des droits de la personne humaine, forçant l’admiration, suscitant dans le monde l’espoir d’un ordre nouveau qui libère l’homme de toute les formes d’asservissement et lui restitue sa liberté », a déclaré le conférencier.
Djamel BAHLOUL a ensuite évoqué les sacrifices de cette population juvénile après l’Indépendance : pour la démocratisation de l’Algérie durant les évènements du printemps berbère en avril 1980 puis au cours des évènements du 5 octobre 1988 qui ont poussé le régime à accepter le pluralisme politique et médiatique, pluralisme consacré par la nouvelle constitution entérinée par un référendum juste après les événements.
Malheureusement, a-t-il ajouté, contrairement aux dirigeants des pays occidentaux qui portent intérêt à ce potentiel humain, comme en témoignent leur prise de mesures concrètes pour la protection des jeunes ou leur donnant les moyens de s’organiser et de se préparer à prendre le destin et l’avenir de leurs pays en main, l’élite dirigeante de l’Algérie ignore ce potentiel humain qui a la capacité de participer pleinement au développement de son pays. Les élites algériennes ont préféré privilégier le développement de richesses rentables qui disparaissent, au détriment de la richesse humaine génératrice et créatrice de moyens de long terme, à même de contribuer à l’essor de la nation.
Cette population juvénile, majoritaire démographiquement mais minoritaire en termes de représentativité, qui représente plus de 70% de la population, vit ainsi dans l’impasse, sans avenir, sans perspectives et sans protection sociale. Chômage, dégradation du pouvoir d’achat, déperdition scolaire et analphabétisme chronique, éclatement de la cellule familiale, mal vie, corruption, bureaucratie, l’injustice sociale… Tous ces fléaux qui atteignent la jeunesse algérienne sont dus à l’absence de politique de prise en charge par les gouvernants. Les jeunes, eux, ne croient plus aux discours populistes électoralistes et à l’égalité de chances. Chez eux, le sentiment de l’injustice s’est étendu.
Les jeunes, lycéens, étudiants, chômeurs, travailleurs n’ont trouvé de ce fait que la rue pour exprimer leurs ras-le-bol. La réaction fréquente du pouvoir : réprimer et tabasser… comme lors des événements d’avril 1980, ou le 5 octobre 1988, ou lors du mouvement citoyen de 2001 et d‘autres mouvements de protestation encore aux quatre coins du pays, évènements au cours desquels les jeunes Algériens ont envahi les rues dans les différentes régions d’un pays SOLIDAIRE ET UNANIME pour revendiquer avec eux la justice, crier haut et fort le refus des inégalités, exprimer le ras-le-bol du mépris et des privilèges partagés par une minorité, protester contre l’absence des libertés.
Face a cette situation explosive, le pouvoir n’a pas essayé de faire un diagnostic, ni d’en chercher les causes ou de s’attaquer aux problèmes à la racine. Il a opté au contraire pour des réformes de pure forme, mal conçues, mal expliquées et rejetées par une population qui a besoin des réformes de fond, faites dans la démocratie et le respect des libertés, de toute les libertés.
Ce marasme social a poussé les jeunes à la dérive, vers la débauche, la drogue, ou à embrasser le suicide sous formes des phénomènes de HARRAGA et de KAMIKAZES.
Ces dernières années, le phénomène de l’émigration clandestine et de ses harraga a pris de l’ampleur dans les pays africains. Les chroniques à la une des journaux rapportent en continu la fin souvent tragique de ces candidats à l’émigration clandestine vers l’Europe.
Ces jeunes désespérés tentent, souvent au péril de leur vie, de rejoindre l’autre rive en espérant à un avenir meilleur… alors que l’Algérie dispose chez elle de toutes les richesses pour vaincre la pauvreté et offrir ainsi un cadre de vie digne à ses enfants.
Il ne se passe pas une semaine sans que les flots ne rejettent le long des côtes algériennes des cadavres de candidats à l’émigration noyés dans les eaux de l’Atlantique et de la Méditerranée, tandis que des centaines d’autres sont sauvés par les forces navales.
Des chiffres font peur :
En 2006, quelques 7000 émigrants clandestins africains de divers pays seraient morts durant leurs tentatives de joindre l’Occident (source : sene web et ALCEC).
L’archipel espagnol des Canaries a reçu au total, depuis le début de l’année, quelque 19 000 immigrés clandestins, soit quatre fois plus que durant toute l’année dernière (4750). Ce chiffre ne tient pas compte des cadavres retrouvés ou disparus à la suite des naufrages.
En Algérie, de janvier à septembre 2007, 1518 candidats à l`émigration clandestine ont été sauvées par les forces navales (source : gardes-côtes algériens).
Selon l’enquête faite par la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH), des milliers de jeunes HARRAGA réchappés de la mort soufrent dans des centres de d’internement en Libye ou dans des prisons tunisiennes qui font le sale boulot au profil de l’Union Européenne. Des centaines de familles n’ont plus de nouvelles de leurs enfants disparus.
Malheureusement, l’Algérie a participé dans ce sale boubou en créant elle aussi des centres d’internement pour les immigrants subsahariens.
Faut-il rappeler que du point de vu du droit international, ce qui est criminel, ce n’est pas le fait pour un individu d’émigrer, c’est le fait pour une autorité publique de tenter de l’en empêcher. La déclaration universelle des droits de l’homme proclame en effet le « droit de quitter tout pays, y compris le sien ».
Aussi une frange la plus marginalisée et la plus sensible de la jeunesse a vu dans l’islamisme intégriste un moyen pour contester l’hégémonie de l’élite dirigeante et de lui disputer le contrôle qu’elle exerce sur les ressources économiques. Cela a poussé ces jeunes à être manipulés, à accepter de devenir des bombes, des kamikazes qui se font exploser et emmènent avec eux des vies innocentes.
Les retombées négatives de cette donne socioéconomique et politique sur le développement d’une société complète ont paralysé la jeunesse entière, cette jeunesse majoritaire démographiquement et minoritaire en termes de représentativité. Cette jeunesse dont on constate l’éloignement de l’exercice politique, la baisse des adhésions dans les organisations, associations, syndicats et partis, ainsi que la forte abstention aux élections.
En conclusion, le conférencier a interpellé les jeunes : « Notre conscience à nous tous est interpellée. La situation actuelle nous impose à nous, cette génération poste-Indépendance mûrissant aux côtés de nos aînés encore vivants, de ne pas rester les bras croisés, de prendre conscience des évènements, du temps de l’histoire, de nous impliquer avec nos idées et de les transformer en actions sur le terrain, donc de militer.
Militer pour la démocratie et pour les droits de l’homme est un devoir qui s’impose à nous de lui-même. En ce domaine, à chacun son idéologie, sa manière et sa pédagogie ! Mais il faut s’impliquer dans le champ politique, ce qui veut dire adhérer dans des associations de jeunes, de femmes, des syndicats ou des partis politiques, afin de proposer et d’imposer aux gouvernants actuels des réformes qui répondent aux aspirations de cette population juvénile et lui permettent de jouer son rôle dans le développement durable de leur nation. »
FERSAOUI A/LOUHAB

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