( 6 octobre, 2009 )

Lettre de remerciements à la « bouteflicaille »

Lettre de remerciements à la « bouteflicaille »

Mustapha Benfodil.

Lettre de remerciements à la « bouteflicaille »

La police de Zerhouni m’a empêché hier, à Sahat Echouhada, d’assurer ma « lecture sauvage » sous le sempiternel prétexte que, tout majeur et vacciné et désenchanté que je suis, je n’ai pas le droit de rimailler sur les pavés de mon pays à moins d’une autorisation expresse délivrée par le Ministère de la Bêtise. Le résultat a dépassé mes propres espérances puisque l’interdiction a enfanté d’une marche, et l’oukase, d’une rugissante manif’ qui a fait trembler les ruelles de Bab-Ezzoune, de la rue Abane, de l’avenue Asselah Hocine, ainsi que les arcanes du TNA, du Palais de Justice, de l’Assemblée (im)Populaire, du commissariat de Cavaignac et de la Grande-Poste. Nous pouvons désormais compter sur le précieux concours de Madame La Police dont le crétinisme dans l’appréciation du « danger citoyen » (une lecture pacifique serait-elle donc plus périlleuse pour le « toufico-bouteflico-zerhounisme » qu’une marche fulminante ?) a permis cette magnifique crue populaire qui s’en est allée battre le pavé dans le ventre d’Alger aux cris de « POUVOIR ASSASSIN ! », « BOUTEFLIKA YA ATIKA POUVOIR ILA LIKA », « TOUFIK ASSASSIN, ZERHOUNI DEMISSION ! », « BAB-EL-OUED ECHOUHADA » et autre « DJAZAIR HORRA DIMOKRATIA »…
Je profite d’ailleurs de cet espace (non encore quadrillé par la « bouteflicaille ») pour annoncer les actions futures. Oui, car, mauvaise nouvelle M. Ouyahia : nous n’attendrons pas le prochain 5 Octobre commémoratif pour rebondir. Conscients du fait que folkloriser le 5 Octobre serait le tuer, nous avons résolu de faire de chaque jour un 5 Octobre. Prochains rendez-vous annoncés : chahutage au Salon international du Livre d’Alger et lectures sauvages éclatées dans tout Alger qui seront menées simultanément par 5 écrivains dont les noms seront rendus publics en temps opportun. Mais avant cela : un rassemblement à Bab-El-Oued le 10 octobre en solidarité avec mon ami Azwaw, victime emblématique de la répression féroce de l’automne 88.
Vous avez été héroïques, les gars, hier, mes amis les enRAJés en tête, mais aussi, toutes celles et tous ceux qui ont bravé la peur, la paresse morale et le fatalisme politique pour se jeter dans l’arène à leur corps défendant. Maintenant, à nous de faire en sorte que cette flamme insolente ne s’éteigne pas, et que l’incendie libertaire prenne pour de bon.
Quant à Madame La Police, je l’invite à prendre les dispositions qui s’imposent afin que nos rues soient transformées en brasier pour utopies en ébullition…

Fraternité anartiste !

Mustapha Benfodil
Alger le 6 octobre 2009

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