( 7 février, 2010 )

RAJ- Comité Bejaia Université :

                  Communiqué :

« Quand la vérité n’est pas libre, la vérité n’est pas vraie. »

                                                         Jacques Prévert

Il  y a cinquante -trois ans ou les étudiants algériens
ont répondu à l’appel du devoir national de quitter les bancs des
universités pour rejoindre les rangs de l’Armée de libération
nationale, et depuis à nos jours le pays vit une situation de marasme
politique, sociale et économique, il est l’otage de la corruption
politique et morale.
Portons le regard sur notre pauvre université, malade, elle l’est
aussi ; ou elle n’a jamais était un lieu de savoir et de recherche
scientifique, et le statut d’un universitaire fait pitié au lieu de
faire envie comme ailleurs dans le monde, la part de responsabilité de
l’Etat est grande, trop grande dans ce qui arrive à l’université
algérienne. La politique de la normalisation et les fausses solutions
des problèmes prend l’ampleur à l’intérieur et l’extérieur de
l’université, ils versent des milliards pour apparaitre blancs.
Nous sommes arrivés à un stade chaotique, incompréhensible ou le jeune
algérien a perdu  même le gout de vivre. Il est grave quand
l’université est utilisée, non pour former des avant-gardes de la
société mais à des enjeux politiques et au profit d’une poignée de
personnes, alors que l’étudiant rêve de faire un stage pratique pour
finir ces études, parlons pas du travaille ; combiens notre université
forme-t-elle de chômeurs par an ?il pleut des diplômes !Pire la
gestion administrative des affaires pédagogiques ;des filières ferment
et de nouvelles sont ouvertes sans aucune logique, si ce n’est pour
plaire au ministre, l’hygiène est inexistante , quand à la sécurité
elle n’existe qu’au niveau des postes de polices ! Depuis quand le
phénomène du harraga et la fuite des cerveaux sont  massivement
apparut en Algérie ?  Pourquoi, ce désengagement de l’intellectuel
algérien par rapport au rôle qui lui est théoriquement dévolu, qui’
est celui d’être « la tète pensante » de la société ?
Toutes ces questions restent posées sans réponses, l’Algérie ne sera
pas détruite par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent
agir et qui refusent d’intervenir, Il faut agir vite afin de couper la
mèche de cette dynamite qui pourrait embraser l’Algérie.

                                                         S.Générale :
                                                      Ferhat  Mouhali

    « Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir »

( 19 janvier, 2010 )

Il y a dix ans se préparait Porto Alegre…

Vers un tournant « post-altermondialiste » des Forums sociaux ?

 

par Bernard Cassen
        Secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac

Conçus en 2000 et concrétisés pour la première fois en janvier 2001 à Porto Alegre, les Forums sociaux mondiaux (FSM) sont devenus des moments de forte visibilité pour les mouvements sociaux et citoyens de la plupart des pays du monde réunis pour dénoncer les ravages du néolibéralisme et mettre en avant des propositions alternatives. Mais une bonne formule finit par s’user après avoir réussi… D’où la nécessité de jeter des passerelles avec les forces politiques et avec les gouvernements progressistes qui mettent concrètement en œuvre des mesures directement issues des débats des FSM.

Dans ce petit bureau du Monde diplomatique à Paris où, le 16 février 2000, furent jetées les bases de ce qui allait devenir le Forum social mondial (FSM), aucun des présents [1] n’aurait pu imaginer qu’allait ainsi se mettre en place un nouvel acteur de la vie politique internationale. Et tout alla très vite, puisque le premier FSM se tint moins d’un an après, à Porto Alegre, capitale de l’Etat brésilien de Rio Grande do Sul [2].

Cette rapidité dans le passage de l’idée à l’action fut un remarquable exploit dont il faut créditer le comité d’organisation brésilien qui s’était constitué pour la circonstance. Dans un article publié en août 2000 [3], et qui contribua de manière décisive à crédibiliser et à mettre en orbite internationale le futur Forum, Ignacio Ramonet écrivait : « En 2001, Davos aura un concurrent autrement plus représentatif de la planète telle qu’elle est : le Forum social mondial, qui se réunira aux mêmes dates (du 25 au 30 janvier) dans l’hémisphère sud, à Porto Alger (Brésil) ». Il ajoutait, à partir des éléments dont il disposait à ce moment-là, qu’étaient attendus « entre 2 000 et 3 000 participants, porteurs des aspirations de leurs sociétés respectives ». Mais, à la surprise générale, ce sont près de 20 000 délégués qui se retrouvèrent six mois plus tard dans la capitale gaucha !

La réaction anti-Davos avait joué à plein dans cette mobilisation. La proximité volontaire des intitulés des deux Forums – Forum économique mondial ou World Economic Forum (WEF) pour Davos, et Forum social mondial pour Porto Alegre – et la simultanéité, tout aussi délibérée, des dates des deux rassemblements avaient constitué des atouts médiatiques majeurs. Le fondateur et président du Forum de Davos, Klaus Schwab, en fit d’ailleurs l’amère constatation en se plaignant du « détournement négatif » de la renommée du WEF.

Symbolisant la puissance et l’arrogance de la finance, et le mépris de la démocratie et de la société, Davos constituait une cible parfaite pour les mouvements sociaux et citoyens. Déjà, en janvier 1999, en pleine session du WEF, plusieurs organisations, dont le Forum mondial des alternatives (FMA) et Attac, avaient organisé un séminaire de deux jours à Zurich, suivi d’une conférence de presse sur le thème de « L’autre Davos » dans la station de ski suisse. Toute manifestation était en effet pratiquement impossible dans ses rues étroites et enneigées en raison du quadrillage policier et militaire. 

C’est donc contre tout ce que représentait Davos que se définirent les premiers FSM, dans une posture de dénonciation du néolibéralisme et de résistance à ses méfaits. Ils se situaient également dans le prolongement des combats zapatistes (en particulier de la Rencontre intergalactique du Chiapas de 1996) ; de la lutte victorieuse, en 1998, contre l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), concocté en secret par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et dont le texte avait été rendu public par Le Monde diplomatique en France ; et évidemment de la grande mobilisation de Seattle contre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de décembre 1999 [4].

Dans une deuxième étape, les Forums devinrent plus propositionnels, ce qui se traduisit lexicalement par l’abandon du terme « anti-mondialisme » au profit d’« altermondialisme. Donc par le passage du refus à la proposition, ce qui correspondait mieux au mot d’ordre des Forums : « Un autre monde est possible ». Cette évolution s’effectua sans aucune modification des règles de fonctionnement du FSM, codifiées dans sa Charte de principes élaborée en juin 2001. Dans ce document de référence, le Forum est défini à la fois comme un espace et un processus, et absolument pas comme une entité. Il s’agit de ménager un lieu d’échanges, de dialogue, d’élaboration de propositions, de mise en place de stratégies d’action et de constitution de coalitions de tous les acteurs sociaux qui refusent la mondialisation libérale. Mais chacune de ces démarches n’engage que les organisations qui veulent s’y impliquer, et non pas l’ensemble de celles présentes au Forum.

Le FSM ne prend donc pas de positions en tant que tel, il n’y a pas de « communiqué final » de ses réunions ; il y a seulement des textes adoptés lors du FSM, mais pas de textes du FSM ni de ses déclinaisons continentales (comme les Forums sociaux africains, européens, etc.). Cette formule ouverte a permis d’incorporer progressivement aux Forums des forces nouvelles – syndicats « réformistes », organisations non gouvernementales (ONG), mouvements indigènes, féministes, écologiques, confessionnels, etc. - qui acceptaient de faire un bout de chemin avec des éléments plus radicaux, mais qui ne voulaient pas se laisser déborder par eux.

D’un FSM à l’autre, des centaines de propositions furent ainsi avancées ( plus de 350 pour le seul Forum de Porto Alegre en 2005), mais sans aucune hiérarchie ni articulation entre elles. Tout ce qui dérogeait au principe d’ « horizontalité » (toutes les propositions ont un statut équivalent) et tout ce qui apparaissait comme « vertical » (par exemple une plate-forme mettant en cohérence différentes propositions complémentaires, mais éparpillées) fut combattu par une fraction influente des organisateurs brésiliens des Forums et de dirigeants d’ONG qui y voyaient l’amorce d’un programme politique, voire de la création d’une nouvelle Internationale !

C’est ainsi que le Manifeste de Porto Alegre, socle de 12 propositions - issues des débats, et faisant à la fois sens et projet - présenté à Porto Alegre le 29 janvier 2005 par 19 intellectuels des quatre continents (dont deux Prix Nobel) [5] fut critiqué dans son principe même par nombre de gardiens auto-proclamés de l’orthodoxie « Forum ». Un sort identique fut ultérieurement réservé, par les mêmes, à l’Appel de Bamako, document programmatique à vocation planétaire, rédigé à l’issue d’une rencontre organisée par le Forum mondial des alternatives, et qui avait rassemblé 200 intellectuels et représentants de mouvements sociaux, dont une majorité d’Afrique et d’Asie, à la veille du FSM décentralisé tenu dans la capitale du Mali en janvier 2006 [6].

En application de la lecture rigoriste que font certains de la Charte de principes de 2001, les Forums sociaux seraient ainsi condamnés à présenter en ordre dispersé des myriades de propositions d’importance très inégale aux structures de l’ordre dominant qui, des gouvernements aux institutions multilatérales (Fonds monétaire international, Banque mondiale, OMC, OCDE), sans parler de la Commission européenne, font, elles, preuve d’une cohésion sans faille dans l’imposition des dogmes libéraux.

Ce refus volontaire de peser collectivement, à partir d’une plate-forme internationale commune, sur les acteurs du champ politique, tout en restant hors de la sphère électorale, explique l’usure de la formule des FSM. Et cela même s’ils continuent à rassembler des dizaines de milliers de participants locaux, souvent venus par curiosité, comme ce fut le cas à Belem en janvier 2009. Beaucoup de militants s’interrogent sur les débouchés politiques concrets de ces rencontres et sur la manière dont elles peuvent contribuer à l’avènement d’un « autre monde possible ».
 
Les choses se sont compliquées avec l’arrivée au pouvoir, en Amérique latine (Bolivie, Equateur, Paraguay, Venezuela), de gouvernements issus de mouvements populaires, mettant concrètement en oeuvre, avec évidemment des hauts et des bas, des politiques de rupture avec le néolibéralisme - tant au niveau national qu’international -, telles que celles avancées dans les Forums. Quelle attitude adopter à leur endroit ? Faut-il être solidaires d’eux, fût-ce au cas par cas ? Ou bien faut-il rester les bras croisés et regarder ailleurs, au prétexte qu’il s’agit de gouvernements, donc par essence suspects, et qu’il faut pour ces raisons tenir à distance.

Ce comportement renvoie à une idéologie libertaire diffuse, mais très présente dans de nombreuses organisations. Elle a été théorisée, notamment, par John Holloway dans un ouvrage au titre explicite : Comment changer la société sans prendre le pouvoir [7] Le mot pouvoir est d’ailleurs absent du vocabulaire de nombre de ces acteurs, sauf pour être stigmatisé, très souvent en réaction aux dérives totalitaires des États-partis. En revanche, le contre-pouvoir et la désobéissance civique sont censés être des leviers privilégiés du changement. Une telle posture devient difficilement tenable quand, par exemple, à l’occasion du Sommet de Copenhague, l’Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique (ALBA), qui regroupe 9 Etats latino-américains et caraïbes, prend des positions qui convergent avec celles des coalitions d’ONG exigeant la justice climatique, et met directement en cause le capitalisme [8].

Le nouveau contexte international va imposer, y compris dans la conception des Forums sociaux, la recherche de nouvelles formes d’articulation entre mouvements sociaux, forces politiques et gouvernements progressistes. Un mot a été proposé pour caractériser cette évolution : le post-altermondialisme [9], qui ne se substitue pas à l’altermondialisme, mais en constitue un essaimage possible. Lors du FSM de Belem, on avait pu voir une première ébauche de cette démarche post-altermondialiste dans le dialogue entre quatre présidents latino-américains - Hugo Chavez (Venezuela), Rafael Correa (Equateur), Fernando Lugo (Paraguay) et Evo Morales (Bolivie) – et les représentants de mouvements sociaux du sous-continent.

Ce dialogue va s’approfondir, avec une participation accrue de chefs d’Etat (dont celle du président Lula), à l’occasion du Forum social thématique de Bahia, prévu à Salvador du 29 au 31 janvier 2010 [10]. Elle devrait se prolonger lors du prochain FSM qui aura lieu à Dakar en 2011. Lors d’une réunion préparatoire organisée dans la capitale sénégalaise en novembre dernier, des mouvements sociaux du continent ont exprimé leur volonté de faire évoluer le FSM. Sont venues dans le débat des formulations comme la nécessité d’en faire « un espace des alliances crédibles » et non pas « un marché de la société civile » ; de « définir une relation nouvelle avec les acteurs politiques » en vue de « construire une alternative ». C’est en d’Afrique que se consolidera certainement le nécessaire tournant « post-altermondialiste » des Forums sociaux.

 

Bernard Cassen

 

 

 

Notes

[1]  Il s’agissait, outre l’auteur de ces lignes ( à l’époque directeur général du journal et président d’Attac France), de Chico Whitaker et d’Oded Grajew, respectivement secrétaire de la commission Justice et Paix de la Conférence nationale des évêques brésiliens, et dirigeant de l’Association brésilienne des entrepreneurs pour la citoyenneté (CIVES), ainsi que de Mmes Whitaker et Grajew.

[2]  Sur la genèse et l’organisation de ce premier Forum et des deux suivants, lire Bernard Cassen, Tout a commencé à Porto Alegre, Editions des 1001 Nuits, Paris, 2003. Lire également le texte de Chico Whitaker sur les origines du Forum : http://www.forumsocialmundial.org.br/dinamic.php ?pagina=origem_fsm_por

[3]  Ignacio Ramonet, « Davos ? Non, Porto Alegre », Le Monde diplomatique, août 2000. Cet article fut repris dans la vingtaine d’éditions en langues étrangères que comptait alors le mensuel. Il en alla de même pour l’éditorial du même auteur, publié quelques semaines avant le Forum en vue de mobiliser les participants : « Porto Alegre », Le Monde diplomatique, janvier 2001.

[4]  Lire Samir Amin et François Houtart, « Trois défis pour les Forums sociaux », Le Monde diplomatique, mai 2006.

[5]  http://www.medelu.org/spip.php ?article27&var_recherche=manifeste%20de%20porto%20alegre

[6]  http://www.forumdesalternatives.org/FR/readarticle.php ?article_id=841

[7]  Editions Syllepse, Paris, 2003.

[8]  Déclaration spéciale sur le changement climatique approuvée par le Sommet de l’ALBA lors de son Sommet des 13 et 14 décembre 2009 à La Havane. Version en espagnol : http://www.medelu.org/spip.php ?article313. Version en français : http://www.medelu.org/spip.php ?article312

[9]  Le 26 janvier 2008, l’association Mémoire des luttes et la revue Utopie critique ont organisé à Paris un colloque intitulé « Altermondialisme et post-altermondialisme ». Lire son Appel final : http://www.medelu.org/spip.php ?article7&var_recherche=colloque%20post%20altermondialisme

[10]  http://www.fsmbahia.com.br


( 12 décembre, 2009 )

ليس بإسمنا

نعلن نحن المقعون على هذا البيان في كل من مصر والجزائر إدانتنا التامة للحملات العنصرية التي أطلقها الإعلام الرخيص الساعي للربح، والتي شارك فيها عن عمد الإعلام الرسمي الساعي لإرضاء الحكام. هذا الإعلام الذي قام بتهييج أحط المشاعر ليرفع معدلات التوزيع ونسب المشاهدة بغض النظر عن أي مبدأ أو قيمة.

ونؤكد نحن قوى اليسار والعاملون بأجر والكادحين في هذين البلدين العريقين أن أواصر التضامن ووحدة المصير بين شعبينا تتجاوز مؤامرات الحكام وأطماع طالبي الشهرة وحملات الغوغائيين.  

ونحن إذ نرى أن هذه الحملات الشوفينية لم تستفد منها سوى الأنظمة الديكتاتورية الفاسدة على الجانبين، نعلن رفضنا الانسياق وراء عمليات التعبئة المتبادلة التي يخطط لها حفنة من الساسة الانتهازيين. فرفعة شأن الوطن لا تتحقق أبدا بالتحقير من وطن آخر. وإعلاء قيمة الإنسان في مصر لن تمر عبر الحط من الإنسان في الجزائر.

نحن نرفض أن نعطي حكامنا المستبدين طوقا للنجاة. نرفض أن يتحدثوا باسمنا، وأن يجيشوا الجيوش لمحاربة عدو وهمي اسمه مصر أو الجزائر، بينما العدو الحقيقي هو من ينهب قوتنا هنا وهناك، ومن يكمم أفواهنا هنا وهناك، ومن يركع للإمبريالية والصهيونية هنا وهناك.

وبينما تتزايد وطأة هجمات ما يسمى برأسمالية السوق، وبينما ترتفع معدلات البطالة في بلدينا، في حين تتراكم الثروة في أيدي حفنة من المستغلين، فإن الأمل الوحيد لنا في مناهضة العدوان الرأسمالي على مقدرات حياتنا يكمن في النضال ضد ظلم أصحاب الأعمال وضد اضطهاد الحكومات. وهذا يتطلب أولا وقبل كل شيء تمييز العدو الحقيقي والصديق الحقيقي.. يتطلب مد اليد لتحقيق وحدة النضال بين شعبين يعانيان نفس الظلم ويخوضان نفس المعركة.

عاش كفاح كادحي مصر والجزائر

عاشت وحدة شعبي مصر والجزائر

الموقعون

( 12 décembre, 2009 )

Médias de la discorde 1 : Algérie et Egypte : zéro

L’histoire véridique d’une inimitié imaginaire

Revue culturelle méditerranéenne Babel Med (www.babelmed.net)

9 décembre 2009

On se souviendra longtemps du rôle central joué par les médias dans la crise diplomatique actuelle entre l’Algérie et l’Egypte. N’étaient les journaux à grand tirage et les télévisions satellitaires qui les ont amplifiés, les échanges vifs entre supporters égyptiens et algériens ne seraient aujourd’hui que de simples anecdotes ».

Tout a commencé quelques semaines après le match aller entre les équipes algérienne et égyptienne de football qui a eu lieu à Blida, le 7 juin 2009, pour le compte des éliminatoires, du Mondial 2010 qui et s’est terminé par la victoire de l’Algérie.

Les rencontres sportives Egypte-Algérie ont toujours été un défouloir de passions, la compétition entre les deux pays étant très animée dans plusieurs disciplines. Cette victoire a naturellement annoncé un autre match, entre supporters, à multiples prolongations. Malheureusement, ce qui pouvait n’être qu’une joute oratoire s’est vite transformé en une bataille dans laquelle aucun symbole des deux pays n’a été épargné et qui a marqué les esprits par son extrême vulgarité. Des supporters algériens ont représenté les joueurs égyptiens avec des corps de danseuses (comme si la féminité était une tare honteuse). Des supporters égyptiens, aussi peu inspirés, ont contesté « l’arabité de l’Algérie » (comme si l’arabité était, « elle-même», un insigne honneur) et rappelé que les Français traitaient les Algériens « comme des esclaves » (les Britanniques traitaient-ils mieux les Egyptiens ?).

Il n’était pas juste que les internautes se réservent les lauriers de cette bataille. Quelques semaines avant le match retour annoncé au Caire le 14 novembre, ordre a été donné aux journalistes de se transformer en supporters. Et pour aguicher les lecteurs, les injures échangées sur Internet ont été retransmises à grande échelle par des médias très influents. Chacun des deux « camps » disposaient désormais d’une redoutable artillerie.

L’ignorance au pouvoir

L’engagement sur la ligne de front de journaux à grands tirages et de plusieurs chaînes de télévision a donné au combat médiatique les dimensions d’un règlement de compte historique. Beaucoup d’Egyptiens ont commencé à croire sincèrement que les Algériens sont élevés dans la haine de leur patrie. Une télé-star connue, Amr Adib, a pensé faire preuve d’une grande culture en prétendant que c’est l’Egypte qui a libéré l’Algérie de la colonisation. Ces propos ont beaucoup choqué les Algériens mais la plupart des journaux en Algérie, au lieu de rappeler l’histoire de ce journaliste, pleine de manquements à l’éthique professionnelle, et de lui rappeler que la guerre de libération, que Nasser a soutenue, n’a été qu’un maillon dans la longue chaîne de la résistance algérienne ; au lieu de cela donc, ils se sont conduits comme si Amr Adib représentait 80 millions d’Egyptiens.

Ce faisant beaucoup de médias, dans les deux pays, confirmaient chaque jour davantage que la défense de la patrie, outre qu’elle est un devoir religieux, rapportait beaucoup d’argent : leurs tirages ou leur audimat avait explosé. Et pour que l’inespérée source de profits ne se tarisse pas rapidement, on s’st mis à évoquer le match retour comme un enjeu de dignité nationale. Peu de journaux se sont abstenus de participer à cette furie footballistico-mercantile. En Egypte, « Al Al Masri Al Youm », qui avait lancé une campagne nommée « Une rose pour chaque Algérien », s’en est vite mordu les doigts ; sous la pression de ses confrères (et, probablement, de ses actionnaires), il a dû lui aussi mettre à ses journalistes leurs uniformes de soldats.

La mobilisation médiatique, si disproportionnée par rapport à l’enjeu, un simple match de football, n’est pas restée sans résultats. Le Caire est vite devenu la Mecque des supporters algériens, ce qui augurait d’affrontements avec les supporters égyptiens, fanatisés par la presse. Même Dieu a été prié de choisir son camp. Les appels qui lui étaient adressés étaient d’une grande originalité ; les uns le conjuraient d’offrir à l’équipe égyptienne « au moins deux buts », les autres de « ne lui en offrir aucun ou un seul tout au plus ».

Des supporters égyptiens, qui ont appris dans le journal l’heure d’atterrissage de l’avion de l’équipe d’Algérie, se sont sentis une âme de héros et ont caillassé l’autobus la transportant à l’hôtel. L’attaque a fait trois blessés parmi les joueurs. Au lieu de reconnaître l’agression, l’écrasante majorité des médias en Egypte ont prétendu que les vitres de l’autobus avaient été « brisées de l’intérieur ». Ils n’ont pas expliqué à leurs lecteurs si les joueurs s’étaient aussi intentionnellement blessés pour mieux préparer le match capital.

Le chauvinisme au service des profits

La majorité des médias en Algérie n'attendaient qu’un tel dépassement pour crier vengeance et ainsi continuer à augmenter leurs ventes. L’agression a ainsi été présentée, en parfaite adéquation avec les déclarations gouvernementales, comme la preuve d’un complot étatique contre l’équipe algérienne, devenue un des symboles de la nation, au même titre que l’emblème national. Il n’était plus désormais abject de publier des diatribes anti-égyptiennes. Elles avaient même la faveur des unes des journaux.

Et bien que le bon sens recommandât de reporter le match, la FIFA l’a maintenu, estimant sans doute qu’un peu de violence était nécessaire au charme et à la beauté du football. Le match a eu lieu dans une tension extrême. L’Egypte l’a remporté mais les deux équipes n’étaient pas pour autant départagées ; elles devaient s’affronter de nouveau à Khartoum, le 18 novembre. A la fin de la rencontre l’équipe algérienne est restée pendant près deux heures assiégée à l’intérieur du stade, « pour des raisons de sécurité ». Quelques Algériens ont été encerclés par des supporters égyptiens. L’un d’eux, dans la bousculade, est tombé et un autre l’a cru mort (ou a crû bon de le croire mort) et l’émotion ne l’a pas empêché de filmer la scène pour la diffuser sur le Youtube.

Les deux « sièges » ont été diffusés sur Internet. La majorité des médias algériens ont préféré croire à un guet-apens tendu aux joueurs algériens et aux supporters. Des centaines de jeunes, pour « laver l’affront », ont déferlé sur les succursales de la société égyptienne Orascom. Ils les ont dévastées et agressé leurs employés égyptiens comme si chacun d’eux, personnellement, avait participé au caillassage de l’équipe algérienne. Le patriotisme avait maintenait de forts relents de chauvinisme.

La peur des représailles a poussé nombre d’Egyptiens à quitter le pays. Il va sans dire que, plus intéressés par leurs bénéfices que par la déontologie professionnelle, peu de médias algériens ont rapporté ces différents événements. Quant à ceux d’Egypte, pour la plupart ils ne sont pas contentés de les dénoncer ; ils s’en sont pris au peuple algérien dans son ensemble, présenté comme un peuple intrinsèquement « violent », « sanguinaire » et autres aimables adjectifs que n’auraient pas renié de francs colonialistes.

La bataille imaginaire de Khartoum

Il fallait démoraliser « l’ennemi », mais il fallait, surtout, remporter la « bataille de Khartoum », comme les journalistes se sont mis à l’appeler avec une déconcertante légèreté. Il y allait de l’honneur des deux nations. Les deux régimes n’avaient pas intérêt à une défaite qui ramène les peuples à la réalité de leur misère et de leur écrasement. Ils se sont souvenus que le patriotisme, outre qu’il est un noble sentiment, était une confortable rente. Ils ont mis en place des « ponts aériens » pour transporter « leurs » supporters au Soudan. Aucun pont aérien n’a jamais secouru les victimes des séismes dans les montages algériennes ou celles de plusieurs accidents ferroviaires meurtriers en Egypte, mais qu’à cela ne tienne, tous les regards étaient braqués sur la capitale soudanaise, arène de l’ultime combat pour la dignité nationale.

En deux jours, le gouvernement algérien a transporté à Khartoum, à prix réduits, trois fois plus de supporters que de soldats en 1973 pour aider l’Egypte dans sa guerre contre Israël. Le gouvernement égyptien n’a pas divisé, lui, le prix des billets pour Khartoum. Gamal Moubarak, fils du président et pasteur désintéressé de l’équipe nationale, devait assister au match, et pas  plus que le stade du Caire, le stade d’El Marikh ne devait accueillir la populace des banlieues du Caire. Seuls les supporters pouvant payer leur voyage pouvaient assister avec lui au match. Reste qu’ils n’étaient pas peu nombreux les artistes, les comédiens, les militants du Parti au pouvoir et les vrais amateurs de football à se déplacer au Soudan.

Le match a commencé dans cette atmosphère belliqueuse, où on n’entendait parler ni de Ben Bella ni de Nasser. Il s’est terminé par la victoire de l’équipe algérienne. Il a surtout été suivi de l’agression de supporters égyptiens par des supporters algériens. Si ces agressions ne sont pas une vue de l’esprit, aucun témoignage crédible n’a établi qu’elles avaient eu les proportions génocidaires que leur prêtent encore beaucoup de médias en Egypte. Au lieu d’exiger qu’on punisse les agresseurs, des journalistes, des chanteurs et des acteurs célèbres se sont mis à injurier l’Algérie, son peuple et même ses martyrs. Certaines de ces stars, comme Mohamed Fouad, ont appelé, en direct, à tuer les Algériens d’Egypte, en représailles de l’humiliation de Khartoum. On ne se souciait même plus des formes : le rappel, par le réalisateur égyptien Khaled Youcef, des « relations historiques » entre l’Algérie et l’Egypte, a été accueilli avec dérision par deux animateurs de télévision survoltés, et les techniciens de l’émission lui ont même raccroché au nez.

Les régimes s’en mêlent

Un nouvel ennemi extérieur a été trouvé par certains secteurs du Parti officiel, PND, qui voulaient faire effacer la déprime classique d’après les défaites footballistiques. Le fils du président, Gamal, prétendant à la succession de son père, avait associé son image à celle d’une équipe égyptienne victorieuse, si bien qu’il pouvait difficilement ne pas être comptable de ses défaites. L’ennemi c’était désormais le « peuple sanguinaire » d’Algérie, désigné à la vindicte publique, en direct sur les ondes, par l’autre fils du président, Alaa. L’acteur et journaliste Tarek Allam pouvait qualifier impunément les Algériens du « plus vil des peuples de la terre » et « Al Masri El Youm », pour maintenir ses ventes, rapporter des faits imaginaires, dont un qui restera dans les annales de la presse sensationnelle : l’appel du gouvernement allemand aux Egyptiens à cacher leur identité de peur d’être massacrés par les Algériens.

Insulter l’Algérie est ainsi devenu une preuve de patriotisme. Des centaines de jeunes ont brûlé l’emblème algérien devant l’ambassade d’Algérie au Caire, sous bonne garde policière. La comédienne Issad Younes a promis à l’Algérie un boycott artistique total et d’autres artistes lui ont emboité le pas. La contribution patriotique de Mounir Wassimi, président du syndicat des musiciens a été, elle, la promesse qu’aucun artiste algérien ne pourrait plus jamais travailler en Egypte. Celles d’autres artistes comme le comédien Ahmed Al Saqqa de restituer des prix qu’ils avaient reçus dans des festivals cinématographiques algériens. Des metteurs en scène (Ali Badrakhan, Yousri Nasrallah, Ahmed Abdallah el Sayed) se sont opposés à cette campagne chauvine anti-algérienne, des comédiens comme Adel Imam et Khaled Abou el Naja aussi. Malheureusement, les médias ont moins relayé leurs déclarations que celles des partisans du boycott du « pays des sanguinaires ».

Les médias algériens, quant à eux, ont fêté la victoire d’une drôle de manière, l’œil rivé sur les dernières inventions de certaines télévisions égyptiennes. « Akhbar el Youm » a ainsi rendu hommage à « l'équipe nationale parce qu'« elle a vengé le sang algérien versé dans le Caire de la honte ». « El Chourouk », pour honorer son histoire de journal presque « jaune », a dénoncé « l’hypocrisie de l’Egypte », mettant dans le même sac le pays, ses médias et 80 millions d’Egyptiens. La griserie de la victoire n’a pas émoussé la vigilance patriotique et on a continué à qualifier les Egyptiens de « peuple de danseuses du ventre » et d’« enfants de Fifi Abdou » (ne sachant pas que cette star a eu, au début de cette crise absurde, une honorable position anti-chauvine). Atteindre à la dignité de l’Algérie devait être sévèrement puni, clamaient les journalistes en prenant des airs autoritaires de chefs d’Etats. La dignité avait désormais une définition précise. Elle n’était plus foulée au pied dans les commissariats et les prisons ni, quotidiennement, devant les consulats européens à Alger.

Qui se souvient d’octobre 1973 ou de Djamila

Bouhired ?

Les médias ont réussi à transformer une compétition sportive en

 marchandise. En se mettant au service de gouvernements en

 mal de popularité, ils en ont fait une bataille rangée entre deux

 peuples meurtris, qui tous deux, depuis des décennies

, subissent crises économiques et présidents éternels auto-élus

. Les Egyptiens, agressés en Algérie, réfléchissent aujourd’hui

 par deux fois avant de revenir dans ce qui fut leur « seconde

patrie ». Les Algériens agressés au Caire ne se sentent plus en

 sécurité là où ils pensaient l’être plus que partout ailleurs ;

 certains d’entre eux sont rentrés dans leur pays. Les appels au

 calme, les éditoriaux anti-chauvins qu’ils lisent dans certains

 journaux égyptiens n’ont pas suffi apparemment pour les

rassurer.

Les médias algériens et égyptiens, grâce à l’exploitation de ces

 drames, continuent d’augmenter leurs bénéfices. Le 24

 novembre dernier, près d’une semaine après le match de

Khartoum, le quotidien algérien « El Chourouk » a affirmé avoir

 franchi la veille la barre de 2 millions d’exemplaires/jour, contre

 1,4 million une semaine plus tôt et seulement 850 mille à la mi

-octobre 2009. Il a promis à ses lecteurs un « Livre blanc des

 désastres des médias égyptiens », oubliant les siens propres,

 dont la diffusion d’une terrible fausse nouvelle qui a mis le feu

 aux poudres : la mort d’un supporter algérien au Caire.

Des journalistes-soldats, aux ordres de leurs patrons, et à

l’écoute de leur propre chauvinisme, ont réussi à convaincre de

 larges secteurs des opinions égyptienne et algérienne que les

 deux peuples étaient d’irréductibles ennemis, et, surtout, que

chacun d’eux devait s’aligner derrière son président, au lieu de

 réclamer le droit de l’élire librement. Qui se souviendra qu’il

existe en Algérie à ce jour une association des anciens

 combattants du Moyen-Orient » et que Djamila Bouhired reste

 l’héroïne de toute une génération d’Egyptiens ?

Yassin Temlali

( 11 novembre, 2009 )

Associations : RAJ lance les cafés des libertés :

Quotidien El Watan : Mercredi 11 Novembre 2099.

 Un programme de rencontres-débats autour de la situation du secteur de l’éducation, intitulé cafés des libertés, vient d’être lancé par l’association action et jeunesse RAJ, bureau de Béjaïa.

Une première rencontre a eu lieu au café du cercle du MOB samedi dernier, soit un jour avant le déclenchement de la grève de l’intersyndicale. Cette première rencontre, ayant pour thème les réformes dans le système éducatif : l’échec d’une alternative, a été animée par deux conférenciers : M.M. Idir Achour, porte-parole du CLA et Sadali Salem, secrétaire général du SATEF et a vu la participation, entre autres, d’enseignants et d’étudiants. Les conférenciers estiment que le système éducatif est à repenser, après l’échec planifié de l’école, et qu’il faut passer à un enseignement technique et professionnel qui demeure inexistant au Lycée. Concernant l’université, ils pensent que le LMD est beaucoup plus professionnel qu’académique : « Au niveau de l’université le système n’est pas équivalent avec celui de l’éducation nationale ». Ce programme de rencontres se veut, selon ses initiateurs, un espace d’échanges entre les acteurs sociaux, notamment les jeunes. C’est « de la volonté d’ouvrir des espaces commun de rencontres et de débats publics qu’est née l’idée des cafés des libertés », nous dira M. Ladjini Abdelhak, coordinateur du comité de RAJ de Béjaïa.

Par Outemzabt Mounir

( 10 novembre, 2009 )

C.R.L.D.H. Tunisie

 

اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org

LES PRISONNIERS DU BASSIN MINIER GAFSA-REDEYEF LIBÉRÉS

La résistance des détenus, des femmes et des familles, la solidarité et la mobilisation nationale et internationale ont eu raison de l’arbitraire

C’est avec joie et satisfaction que le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) vient d’apprendre la libération de tous les prisonniers du bassin minier de Redeyef-Gafsa en vertu d’une grâce présidentielle non amnistiante.

Cette libération est l’heureux aboutissement d’une forte solidarité et mobilisation ininterrompue, nationale et internationale, en faveur des personnes emprisonnées depuis le mois de juin 2008 à la suite du soulèvement qu’a connu la région durant tout le premier semestre 2008.

Le CRLDHT se réjouit d’autant plus que les condamnations (avec leur cortège de peines extrêmement lourdes) prononcées à l’encontre des animateurs du mouvement social du bassin minier de Gafsa/Redayef, l’ont été à la suite de procès des plus inéquitables au cours desquels les avocats de la défense ont clairement démontré l’irrégularité de la procédure, le recours systématique à la torture, le non-fondé des accusations, etc.

Cette libération vient mettre un terme à une longue souffrance collective, non seulement celle des détenus et de leurs familles, mais aussi celle de toute une ville (Redayef) endeuillée depuis que les leurs ont été éparpillés dans différentes prisons tunisiennes, où ils n’ont eu de cesse de subir des traitements inhumains et dégradants…

Cependant, nous ne serons vraiment en mesure de nous réjouir que si les poursuites à l’encontre, notamment, de Fahem BOUKEDDOUS et Mohieddine CHERBIB (membre fondateur du CRLDHT et Président de la FTCR-Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), tous deux condamnés « par contumace », sont définitivement abandonnées !

Le CRLDHT exprime ses vives et chaleureuse félicitations à Adnane, Bachir, et leurs anciens codétenus ainsi qu’à toutes les familles, pour cette liberté recouvrée, tout en exigeant des autorités leur rétablissement dans tous leurs droits civils et politiques et leur réintégration immédiate dans le travail.

Le CRLDHT exige, en outre, l’indemnisation de toutes les personnes libérées pour avoir été détenues arbitrairement, dans des conditions inhumaines, pendant plus d’un an.

Le CRLDHT demande instamment aux autorités d’enquêter sans délai (via une commission « Vérité », indépendante et impartiale) sur les abus d’autorité, sur les décès de Hafnaoui MAGHZAOUI, de Hichem BENJEDDOU et d’Abdelkhalek AMAIDI, sur la torture et autres traitements inhumains ou dégradants, commis par la machine policière de l’État et ses fonctionnaires.

Il rappelle, d’autre part, que les graves problèmes socio-économiques, environnementaux, et politiques, ne peuvent en aucun cas être résolus par une répression croissante ; qu’il est grand temps que les autorités comprennent qu’en dehors des solutions politiques, il n’existe pas de réelle alternative à la situation de blocage désastreux que connait notre pays. Le premier pas véritable, dans ce sens, serait (on ne le répètera jamais assez) la promulgation d’une loi d’amnistie générale, qui verrait tous les prisonniers politiques et d’opinion (notamment Dr CHOUROU, Tawfik BEN BRIK, Zouhir MAKHLOUF), recouvrir pleinement leur liberté citoyenne.

Le CRLDHT rend un hommage au combat courageux et pacifique des détenus, à la résistance de leurs familles, notamment les femmes, épouses et mères…ainsi qu’à l’engagement actif et permanent des avocats et des syndicalistes à leurs cotés. 

Enfin, le CRLDHT, tient à féliciter toutes les personnes, associations et organisations nationales (à la tête desquelles le Comité national de soutien aux populations du bassin minier) et internationales de défense des droits de l’homme, partis politiques, organisations syndicales, députés français, européens… qui ont pris activement part à la campagne nationale et internationale de solidarité avec les détenus de Redayef /Gafsa, et leur demande de redoubler de vigilance à l’égard du traitement qui sera réservé aux personnes libérées.

Paris, le 5 novembre 2009.



( 5 novembre, 2009 )

 Rassemblement-Actions-Jeunesse

    RAJ Comité de Bejaia Ville :                                                         Invitation  

Cliquez sur l'image, pour afficher la maquette de l'invitation et du programme détaillé de l'activitée.

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( 11 octobre, 2009 )

Reportage de FRANCE 24 sur le rassemblement et la marche du 05 Octobre 2009 :

 

( 11 octobre, 2009 )

Le troisième bras d’Azwaw :

Par : Chawki Amari

Quotidien El Watan, Dimanche 11 Octobre 2009.

Le troisième bras d’Azwaw

 

Oui, encore de l’histoire, à défaut d’avenir. C’était le 10 octobre 1988, Azwaw perdait un bras dans la fusillade de Bab El Oued, où 39 personnes mourraient, abattues sans sommation par la peur panique d’un régime qui voit dans chaque manifestant un extraterrestre vert qui veut prendre sa place. Relativement, Azwaw est donc un chanceux parmi les malchanceux, puisqu’il n’a perdu qu’un bras alors que d’autres ont tout perdu, ne serait-ce que la tête. En cet octobre 2009, Azwaw est parti déposer une gerbe de fleurs pour une commémoration toute symbolique, 21 ans après. Bien sûr, la police était là pour commémorer l’état d’urgence et a demandé l’évacuation rapide des lieux. Le temps d’un bilan tout aussi rapide d’une pose de fleurs de saison, les interdictions de l’année ont été énumérées. Interdites par la police ou les forces de l’ordre d’une manière générale, la liste des manifestations, commémorations ou rencontres est longue au point de ressembler à la liste des produits d’importation.

Hier, une rencontre sur l’abolition de la peine de mort a été interdite, comme si la mort était de force, supérieure à la vie. Depuis le début de l’année, pêle-mêle, les autorités ont ainsi interdit des rassemblements de disparus, de vivants, de syndicalistes, de moudjahiddine, de défenseurs de la Palestine, de la démocratie, des femmes, des oiseaux, des gazelles, bref, tout sauf les manifestations de soutien au président de la République. Pour cette raison, en cet octobre 2009, le 3e bras d’Azwaw a poussé, plus long que les autres, plus tordu peut-être, mais bien décidé à exister, parce que pour d’étranges raisons, El Qods mobilise plus les Algériens que l’Algérie. Oui, parlons d’autre chose, qui intéresse plus les gens. Aujourd’hui, l’Algérie affronte le Rwanda pour une qualification à la Coupe du monde. Le but ? Aller en Afrique du Sud. Loin, très loin de Bab El Oued.

 

Par Chawki Amari

( 10 octobre, 2009 )

RASSEMBLEMENT A BAB-EL-OUED A LA MEMOIRE DES VICTIMES D’OCTOBRE 88 :

POUR AZOUAOU : DES FLEURS ET DES TALKIES-WALKIES :

lycée l’Emir, en face de la DGSN, en hommage aux victimes des événements d’Octobre 1988. C’est Azouaou Hamou L’Hadj, figure emblématique de l’association AVO 88 (association des victimes d’octobre 1988) qui est l’auteur de cette initiative. Azouaou était au nombre des innocents happés par une fusillade meurtrière un certain 10 octobre 1988 (lire notre article : « Azouaou, le bras désarmé d’Octobre », in El Watan du 9 octobre 2009). Cet ancien artisan bijoutier avait alors été criblé de neuf balles qui lui coûteront son bras gauche et des séquelles indélébiles sur le visage. Il avait à peine 21 ans. Vingt-et-un ans après ces péripéties sanglantes, Azouaou a tenu à revenir sur les lieux du drame et déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des chouhadas d’octobre 88, et tout particulièrement, les 39 victimes tombées ce jour-là. « Moi je revendique un statut particulier pour les victimes d’Octobre en tant que victimes d’une bavure d’Etat et non pas d’un « accident de travail » comme on nous désigne honteusement » nous explique-t-il. « C’est ici que je suis tombé » se remémore-t-il en montrant du chef un portail vert attenant au lycée Emir Abdelkader. « Voyez ce mur : il y a encore les impacts de balles qui témoignent de la boucherie. Ce mur-là par contre a été recouvert de ciment pour effacer les stigmates des automitrailleuses » poursuit notre ami avec émotion.
Le rassemblement auquel avait appelé Azouaou a commencé à se former à partir de 10h30 au sein de l’un des cafés adossés au boulevard du 1er novembre. Petit à petit, les gens ont commencé à s’agglutiner autour d’Azouaou. Parmi les présents, Yacine Teguia, membre du bureau national du MDS, Hakim Addad, secrétaire général de RAJ, l’opposant et journaliste Arezki Ait Larbi, le comédien Kader Farès Affak (personnage principal dans « Gabla », de Tarik Teguia). Il y avait également des écrivains et journalistes dont le chroniqueur Chawki Amari ainsi que notre collègue Adlène Meddi. Brandissant une gerbe de fleurs, le cortège s’est ébranlé du café « 1er novembre » en direction du lycée l’Emir. Azouaou a, alors, accroché avec son bras épargné par la machine de la répression, la couronne de fleurs sur la grille du lycée, juste en face du bâtiment de la DGSN. Comme il fallait s’y attendre, la police n’a pas tardé à se manifester. Un officier de police en civil et en lunettes, arborant un talkie-walkie, accourut pour s’enquérir de l’objet de ce rassemblement qu’il avait jugé d’emblée menaçant pour l’ordre public. « N’touma chkoun ? Andkoum autorisation ? » (Qui êtes-vous ? Avez-vous une autorisation ?) ». « Les forces de l’ordre avaient-elles une autorisation quand elles ont arraché le bras d’Azouaou et canardé 39 citoyens algériens ? » rétorque-t-on. Arezki Ait Larbi enchaîne : « Nous sommes venus déposer une gerbe de fleurs, pas poser une bombe. » Les éléments de la police continuent d’affluer et envahissent en force le périmètre. « Qu’est-ce que je vais dire maintenant à mes supérieurs ? » revient à la charge l’officier en lunettes. Un autre policier en civil muni d’un talkie-walkie tente de calmer les esprits. « On veut bien vous laisser, mais cela risque de causer des débordements et on ne veut pas de « machakel ». Vous êtes quand même en face de la DGSN » implore-t-il. La sérénité l’emporte assez vite sur la colère et la cérémonie finit par se tenir malgré tout. Au préalable, la police s’empare de la pièce d’identité d’Azouaou en guise de gage. Une minute de silence est observée suivie de quelques mots d’Azouaou au cours desquels il est revenu sur ce qui s’est passé ce funeste lundi 10 octobre 1988 en ayant une pensée émue pour celles et ceux qui étaient tombés ce jour-là. Le geste, plus symbolique que bruyant, avait le goût d’une victoire sur l’amnésie. « L’important est de marquer le coup » se dit-on. Il est vrai qu’une simple gerbe de fleurs peut avoir raison d’une forêt de talkies-walkies…


Mustapha Benfodil

Rassemblement autour d'Azouaou le 10 octobre 2009 à Bab El Oued. Photo: Malika Taghlit (El Watan)

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